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jeudi 2 juillet 2026

Pisse-Mémé ★★★★☆ de Cati Baur

Revigorante, cette BD !

En lisant la quatrième de couverture, ma fille m'a lancé « C'est tout toi, ça ! » Et je dois bien reconnaître qu'elle n'avait pas tort 😊

Un lieu où l'on vient autant pour partager que pour lire, refaire le monde, pratiquer le yoga, boire un verre, tisser des liens. C'est exactement le genre d'endroit qui me fait rêver.
« Si un jour on gagne au loto, on ouvre un bar à tisanes et on l'appelle Pisse-Mémé ! Chiche ?! Enfin faudrait de la bière aussi... Et des cours de yoga ! Et un coin librairie ! De la bière bio et locale ! »
J'ai beaucoup aimé suivre ces quatre femmes, toutes à un moment charnière de leur vie, qui décident de mettre leurs différences au service d'un projet commun. Leur aventure respire l'entraide, la sororité et l'envie de redonner du sens au quotidien.

Sous ses airs de comédie légère, Pisse-Mémé célèbre les rencontres, les élans collectifs et ces lieux où l'on recrée du lien. Une lecture pleine d'énergie, drôle et réconfortante, qui donne presque envie de tout plaquer pour ouvrir un café associatif 😉😅

Merci Émilie pour cette belle recommandation !

Vous connaissez un endrokt comme celui-ci ?Cette communauté vous ferait-elle, vous aussi, tout plaquer ? 



Quatrième de couverture

Quatre meufs autour de la quarantaine réunies autour d’un projet collectif : ouvrir un bar associatif où l’on pourrait lire, faire du yoga, passer du bon temps. Son nom : Pisse-mémé. Une comédie feel good qui évoque les oeuvres de Posy Simmonds et mêle astucieusement quatre parcours de vie, qui prenne le chemin d’une sororité heureuse !

Notes Biographiques :

« Je suis née à Genève en 1973. Après des études d’arts plastiques et une première vie de libraire, je deviens assistante d’édition et me fais connaître en animant un blog BD alors que ce média est à peine émergent. Aujourd’hui, je vis à Montpellier et j’alterne entre bande dessinée et illustration d’albums jeunesse tels que la série « quatre soeurs » avec Malika Ferdjoukh (2013) et « Vent Mauvais » (2020) chez Rue de Sèvres, ou encore la série « Igor » avec Nicolas Morlet (2019) chez Little Urban. (Quand je ne suis pas en train d’enseigner ces matières dans un institut d’arts appliqués.) Grande timide, insatiable observatrice de l’ombre, je pose un regard amusé et tendre sur mes contemporains. Je scrute les détails et m’applique à retranscrire tous les petits reliefs, qui donnent à la vie sa saveur, et à une fiction une allure d’authenticité : le mot juste, le ton d’un dialogue, le geste d’une main qui repousse une mèche de cheveux… tout est matière à raconter, au plus précis, les petites et les grandes histoires, la mesquinerie ou la sororité, les badineries du quotidien comme les espoirs déçus. En somme, j’aime tellement mettre les gens dans les cases que j’en ai fait mon métier. » On retrouve aujourd’hui Cati autour d’une comédie feel good dans laquelle elle raconte l’aventure de cinq femmes, quarantenaires, en quête de sens, réunies autour d’un projet collectif : ouvrir un bar associatif. Son nom : Pisse-Mémé ! « Pisse-Mémé » paraît en 2023 chez Dargaud. « Je suis née à Genève en 1973. Après des études d’arts plastiques et une première vie de libraire, je deviens assistante d’édition et me fais connaître en animant un blog BD alors que ce média est à peine émergent. Aujourd’hui, je vis à Montpellier et j’alterne entre bande dessinée et illustration d’albums jeunesse tels que la série « quatre soeurs » avec Malika Ferdjoukh (2013) et « Vent Mauvais » (2020) chez Rue de Sèvres, ou encore la série « Igor » avec Nicolas Morlet (2019) chez Little Urban. (Quand je ne suis pas en train d’enseigner ces matières dans un institut d’arts appliqués.) Grande timide, insatiable observatrice de l’ombre, je pose un regard amusé et tendre sur mes contemporains. Je scrute les détails et m’applique à retranscrire tous les petits reliefs, qui donnent à la vie sa saveur, et à une fiction une allure d’authenticité : le mot juste, le ton d’un dialogue, le geste d’une main qui repousse une mèche de cheveux… tout est matière à raconter, au plus précis, les petites et les grandes histoires, la mesquinerie ou la sororité, les badineries du quotidien comme les espoirs déçus. En somme, j’aime tellement mettre les gens dans les cases que j’en ai fait mon métier. » On retrouve aujourd’hui Cati autour d’une comédie feel good dans laquelle elle raconte l’aventure de cinq femmes, quarantenaires, en quête de sens, réunies autour d’un projet collectif : ouvrir un bar associatif. Son nom : Pisse-Mémé ! « Pisse-Mémé » paraît en 2023 chez Dargaud.

Éditions Dargaud,  avril 2023
120 pages 

mardi 5 mai 2026

Plus loin qu'ailleurs ★★★★★ de Chabouté

Plus loin qu'ailleurs.

Réapprendre à observer, à regarder, à vraiment voir.
Juste en bas de chez soi, dans le quotidien.

Une très jolie bande dessinée où le pouvoir des images et des expressions nous ramène à l'essentiel, se sentir vivant, redonner du sens.

À lire sans réserve.














Quatrième de couverture

L'Alaska ?!

Et qu'est-ce que tu vas foutre là-bas ?

Accrocher ton hamac entre deux igloos, faire la teuf à Esquimau-land, du ski nautique avec les castors ?

T'es toujours dans tes bouquins et tes dessins... Et dans la lune...

T'es un rêveur Alexandre, pas un trappeur.

Les ours et même les castors vont te bouffer tout cru là-bas...

Éditions Glénat/Vents d'Ouest,  mai 2025
150 pages
Prix Landerneau 2025
Prix Jacarbo 2026

lundi 4 mai 2026

La dernière reine ★★★★★ de Jean-Marc Rochette

J'ai lu récemment de un message publié sur le site de ma ville. Une photo de renardeaux, magnifiques, encore hésitants dans leur pelage d'enfance. Et ces mots « espèce invasive ».
Comme si leur présence relevait d'un problème à régler.
Comme si c'était eux, les intrus. Ce mot m'est resté. Parce qu’en refermant "La dernière reine" de Jean-Marc Rochette, il résonne étrangement. Dans cet album, ce n'est pas la nature qui envahit. C'est elle qui disparaît. Et il n'a pas fallu si longtemps. À peine quelques décennies pour transformer des territoires entiers. Planter des forêts uniformes, souvent de pins, là où vivaient des écosystèmes riches et complexes. Fermer peu à peu les espaces, raréfier les ressources, jusqu'à rendre certains lieux inhabitables pour les animaux qui y vivaient depuis toujours, les ours, entre autres. Alors ils s'éloignent. Ou ils meurent. Ou ils deviennent, dans nos mots, des présences « problématiques ».

Ce que raconte Rochette, ce n'est pas une nature sauvage et menaçante. C'est une nature fragilisée, repoussée, grignotée. Et face à elle, une humanité qui avance, aménage, organise, souvent sans mesurer ce qu'elle efface en chemin.

Ce livre a réveillé en moi quelque chose de très ancien. J'ai grandi dans des paysages qui ressemblaient encore à cela. Du côté de Piana, sur une côte préservée, et puis à Die, au pied du Massif du Vercors.
En primaire, nous apprenions à regarder. À repérer les traces, les présences. Les rapaces, aigles, milans, balbuzards pêcheurs, silhouettes immenses dans le ciel, presque irréelles.

Enfant, je ne savais pas que c'était fragile. Je pensais que ces équilibres allaient de soi. Je me souviens des silences, des odeurs, de cette sensation d'un monde qui existe sans nous, et dans lequel, pourtant, on peut trouver sa place. Aujourd'hui, je mesure à quel point ces lieux m'ont façonnée. Ils ont construit ma manière de regarder, d'écouter, de me relier au vivant.

Alors il y a, dans cette lecture, quelque chose qui dépasse le simple émerveillement devant la beauté des dessins et du texte.
Il y a aussi une forme de reconnaissance. Presque à voix basse, j'ai envie de dire merci à feu mes parents. Pour ces années-là. Pour cette proximité avec une nature encore vivante, encore pleine.
Peut-être que c'est pour cela que certains mots deviennent insupportables. « Espèce invasive ».
Parce que ce que montre "La dernière reine", au fond, ce n'est pas un monde à défendre contre l’animal. C'est un monde qui s'efface...

Merci Jean-Marc Rochette, merci les filles Camille et Francine, ce challenge "Là où vivent les livres" m'emmènent bien plus loin que je ne l'imaginais, en ce mois de mai qui nous invite à prendre de la hauteur.















Quatrième de couverture

Gueule cassée de 14-18, Édouard Roux trouve refuge dans l'atelier de la sculptrice animalière Jeanne Sauvage.
Elle lui redonne un visage et l'introduit dans le milieu des artistes de Montmartre. En échange, Édouard lui fait découvrir la majesté du plateau du Vercors et l'histoire du dernier ours abattu sous ses yeux quand il était enfant.
Au cœur du cirque d'Archiane, il dévoile la « Dernière Reine » à Jeanne et l'incite à créer le chef d'œuvre qui la fera reconnaître.

Éditions Casterman,  octobre 2022
238 pages 

mercredi 23 mars 2022

La cellule ★★★★★ de Soren Seelow, Kévin Jackson, Nicolas Otero

La cellule éclaire sur l'effrayante mécanique qui a conduit aux terribles attentats du 13 novembre 2015 mais également,  on y découvre précisément le processus d'adhésion au Jihad avec les étapes de l'endoctrinement d'un jeune migrant. 
Une mécanique impitoyable côté Daech, et des failles dans les systèmes de défense ont conduit au pire. Il faut avoir le coeur accroché pour appréhender cet organigramme de la cellule qui est glaçant. Extrêmement bien documenté, cette BD aide à comprendre ce que l'on entend ou lit sur le procès actuellement en cours. Hier justement, le terroriste Abrini était entendu. Il n'a pas fait parti des commandos et dans la BD, on imagine bien pourquoi. Il a révélé pour la première fois hier qu'il aurait dû en faire partie. La semaine prochaine, il est censé donné à la cour davantage d'explication sur son retrait. On suit de près cette cellule des mois avant le jour fatidique, on est embarqué dans cette course contre la montre, on a d'un côté les terroristes et de l'autre, les services de renseignement, sous staffés, qui ont souvent pourtant été à deux doigts de déjouer les sanglants projets des terroristes. Perturbante lecture, mais nécessairement passionnante.
Les planches de Nicolas Otero sont géniales. C'est presque du photojournalisme. Les auteurs ont inséré de vrais extraits de conversations. 
A lire pour mieux comprendre. 
A lire aussi les brèves hebdomadaires d'Emmanuel Carrère qui couvre le procès des attentats pour "L'Obs" depuis le 08 septembre.








Quatrième de couverture

Voici l’histoire de la cellule terroriste qui a organisé l’assassinat de 130 personnes au Bataclan, sur des terrasses de cafés parisiens et devant le Stade de France, le 13 novembre 2015.

Abdelhamid Abaaoud, djihadiste belge membre de l’État islamique, est l’un des responsables de cette cellule. Plusieurs mois avant les attentats, il est identifié comme une menace importante par les services de renseignements. S’engage alors une course contre la montre pour tenter de le localiser, de le neutraliser et d’intercepter ses commandos.

Dans cette reconstitution extrêmement documentée, le journaliste Soren Seelow raconte l’histoire de cette traque et retrace, jour après jour, la préparation de ces attentats, depuis leur conception en Syrie jusqu’à l’infiltration des terroristes en Europe.

On y découvre l’impuissance des services de renseignements français et européens face à la détermination de l’État islamique. Après les attentats de Paris, cette cellule frappera de nouveau à Bruxelles le 22 mars 2016.

Élaborée à partir de dossiers judiciaires, d’écoutes téléphoniques, de photos, de notes des services de renseignements français et de rapports confidentiels belges, cette enquête approfondie nous permet de mieux comprendre comment cette tragédie a été possible.

Soren Seelow est journaliste au Monde, spécialiste des questions de terrorisme.
Kévin Jackson est directeur d’études au Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT).
Nicolas Otero est auteur de bandes dessinées.

Éditions Las Arènes BD, Août 2021
248 pages
Prix France info de la BD d'actualité et de reportage 2022

vendredi 2 décembre 2016

L'origine du monde ***** de Liv Strömquist



Éditions Rackham sous le Signe Noir, mai 2016
144 pages
Traduit du suédois par Kirsi Kinnunen
Parution originale en 2014

Infos Éditeur


Une certaine partie du corps de la femme, celle que Gustave Courbet a évoqué dans son tableau L’origine du monde, a suscité et continue de susciter l’intérêt un peu trop “vif “ de certains représentants de la gent masculine. C’est ainsi que le Dr. Kellogs, l’inventeur des corn-flakes, a pu affirmer que la masturbation provoque le cancer de l’utérus et le Dr. Baker Brown a pu préconiser l’éradication de l’onanisme féminin par l’ablation du clitoris (la dernière a été pratiquée en 1948 !). Si le corps médical n’y va pas avec le dos de la cuillère, les philosophes ne sont pas en reste. Jean-Paul Sartre peut ainsi écrire “… le sexe féminin… est un appel d’être, comme d’ailleurs tous les trous”… Sous la plume acérée de Liv Strömquist, défile toute une galerie de personnages (pères de l’église et de la psychanalyse, pédagogues, sexologues) dont les théories et les diagnostics ont eu des conséquences dévastatrices sur la sexualité de la femme. Après avoir disséqué, dans Les sentiments du prince Charles, le mariage en tant que construction historique et sociale, Liv Strömquist lève le voile sur des siècles de répression sexuelle et fait voler en éclats toutes les idées fausses autour du sexe féminin, sans oublier d’égratigner – au passage – l’obsession de notre culture pour la sexualité binaire. Dans ce nouvel essai en bande dessinée, Liv Strömquist nous surprend encore une fois par la justesse et la clarté de son analyse, ses allées et retours effrénés entre passé et présent, ses parallèles inattendus et, surtout, son omniprésent humour au vitriol.

Mon avis ★★★★★


Une bande dessinée décapante sur le ...sexe féminin.
Tout un ouvrage qui met en scène les femmes et leur sexualité à travers le temps : la perception du sexe dans les anciennes sociétés et son évolution dans la société occidentale contemporaine, une société régie par les religions patriarcales. 
Il fallait y penser, il fallait le faire, et c'est très bien fait !
Pamphlet politique, féministe extrêmement bien documenté et très instructif, un peu violent à l'égard de ces messieurs "Les zinzins de la zézette", et assez drôle aussi. 
Dans le premier chapitre, l'auteur dresse un palmarès des hommes - médecins, religieux, obstétriciens, sexologues, psychologues, philosophes - qui se sont intéressés un peu trop au sexe de la femme et qui ont tous à leur façon "massacrer" le sexe féminin et son image. Un petit exemple avec l'un des penseurs occidentaux les plus influents : Jean-Paul Sartre, qui dans "L'Être et le Néant" décrit comme suit le sexe féminin : «...c'est un appel d'être comme d'ailleurs tous les trous; en soi la femme appelle la chair étrangère qui doive la transformer en plénitude d'être par pénétration et dilution.» 
Le deuxième chapitre aborde la représentation du sexe féminin et sa définition par rapport au sexe masculin. 
Le troisième se penche sur l'orgasme, alors que le quatrième et le cinquième évoquent respectivement la "Honte" ressentie par les femmes et les règles.

Le ton est acerbe, vindicatif, mais à la fois très blagueur et décalé. Liv Strömquist prend le lecteur à partie, le tutoie, l'implique dans ses réflexions, et le pousse ainsi à prendre naturellement part à la réflexion, à s'interroger, à se rendre compte de toutes les méfaits, tous les dires erronés qui ont eu trait autour des organes génitaux féminins, que l'on ne nomme d'ailleurs pas correctement, même dans les livres de sciences, c'est pour dire. 

Passionnant, une mise au point percutante, à mettre dans de nombreuses mains masculines comme féminines (je pense aux adolescentes et à leurs mamans) ;-)