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mercredi 22 août 2018

Erreurs fatales : Comment nos présidents ont failli face au terrorisme ★★★★☆ de Vincent Nouzille

Une enquête extrêmement fouillée, et ô combien dérangeante...voire révoltante sur les cafouillages des gouvernements successifs depuis les années 80 face à la lutte antiterroriste. 

Les révélations sur la gestion de la Sécurité et du Renseignement dans notre pays font froid dans le dos. Vincent Nouzille pointe du doigt les faiblesses du renseignement français, un manque de coordination évident et met en exergue les erreurs commises par nos dirigeants. Des faux-pas commis par manque de lucidité, certainement, de courage, très certainement...

Est-ce que le pire aurait pu être évité, et tant de vies sauvées si la menace terroriste avait été vraiment prise au sérieux ? Si Jacques Chirac n'avait pas classé verticalement les rapports pourtant alarmistes sur la menace qui pesait sur le continent ? Si Sarkozy n'avait pas affaibli la surveillance policière dans les cités ?  Des questions que je me suis posé tout au long de ma lecture, que je pose encore après et qui ne font rien pour m'apaiser ;-)

Je vous conseille cette lecture très instructive. L'auteur mène son enquête avec brio, beaucoup de sérieux et de précision, ses propos sont très clairs, bien illustrés, les références (dates, protagonistes) sont nombreuses. À entrecouper peut-être avec d'autres lectures, pour apaiser un peu l'esprit peu ménagé par ces erreurs  fatales. 
« En résumé, il y a trop de trous dans la raquette et trop de balles qui arrivent dessus.» 
Un grand merci aux éditions J'ai Lu et à Babelio pour la découverte de cet ouvrage et de l'auteur Vincent Nouzille. Un journaliste dont je vais suivre les écrits et documentaires.  
Et un grand mea culpa pour ma chronique tardive.

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« Alors que des otages français sont retenus au Liban par des groupes liés à l'Iran, Matie Seurat, l'épouse de l'un d'entre eux - dont la mort est annoncée au début de mars 1986 -, le dit publiquement : « Abou Nidal a fait chanter la France. La France a libéré deux de ses militants. Pourquoi, pour mon mari [...] et les autres, la Franc dit non ? C'est exactement la même chose. Elle peut ou elle ne peut pas négocier. Je ne sais pas. Elle l'a fait en tout cas pour Abou Nidal. » François Mitterrand est bien embarrassé pour lui répondre.
Prisonniers de leurs geôliers et des maîtres chanteurs de Téhéran, les sept otages français au Liban ont aussi été des pions dans une bataille politicienne franco-française préélectorale qui a probablement contribué à retarder leur libération.  
De retour à Matignon en mars 1986, il a été confronté à la vague d'attentats du printemps et de l'automne, commandités par les Iraniens. «  Je n'oublierai jamais l'image, lors de l'attentat de la rue de Rennes en septembre 1986, de cette femme gisant sur le trottoir, les jambes sectionnées, la moitié du visage arrachée », écrira-t-il dans ses Mémoires. Au-delà de son émotion et de son aversion pour ces crimes aveugles, il ne s'intéresse guère au sujet. « Le terrorisme, ce n'était pas son truc, explique un ancien juge qui l'a bien connu. Les attentats l'ont impressionné, mais ils l'ont aussi tétanisé, car il ne cherchait ni à les comprendre, ni à anticiper le phénomène. »
Le parcours de Kelkal est représentatif d'une nouvelle génération de terroristes à laquelle personne ne prête vraiment attention à l'époque, alors qu'elle annonce celle des djihadistes grandis en France qui feront parler d'eux vingt ans plus tard. [...] Banlieue, délinquance, prison, conversion, voyages, embrigadement : le processus terroriste est en marche.
Dans les milieux de l'antiterrorisme, peu de gens ont voulu admettre qu'il s'agissait d'un véritable tournant et que les terroristes pouvaient désormais surgir de nos quartiers...(propos du criminologue Alain Bauer, recueillis par l'auteur). »
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Quatrième de couverture

Que ce soit par aveuglement, naïveté ou passivité, nos présidents successifs ont, depuis plus de trente ans, commis des erreurs fatales face au terrorisme, avec des conséquences graves pour notre sécurité.
Improvisations après les attentats, réformes retardées ou bâclées, gestion chaotique des prises d’otages, marginalisation des juges, déni de la montée du djihadisme intérieur, failles du renseignement, confusions diplomatiques, faux pas militaires, comme en Libye ou en Syrie, dérapages en Afrique : la liste est longue.
Longtemps, nos présidents ont cru que la France serait protégée par un dispositif judiciaire et policier qu’ils croyaient efficace. Mais le feu couvait, les alertes ont été nombreuses, et nos gouvernants ne les ont pas entendues, y compris au lendemain des attaques meurtrières de 2015, dont certaines auraient pu être évitées. Alors que plusieurs vagues d’attentats ont mis en lumière les carences du pilotage de la lutte antiterroriste et du renseignement, ainsi que l’absence de coordination et de prévention, rien n’a été fait pour y remédier efficacement.
Pendant deux ans, Vincent Nouzille a enquêté sur ces ratages, en recueillant des témoignages inédits d’acteurs de premier plan et en collectant des centaines de documents confidentiels. Des dérives de la cellule antiterroriste de Mitterrand aux surenchères martiales de Hollande, en passant par les rapports enterrés par Chirac et l’affaiblissement du renseignement de terrain par Sarkozy, son récit apporte de nombreuses révélations sur la lutte antiterroriste vue de l’Élysée et dresse un bilan accablant de l’action – ou de l’inaction – de nos présidents face à une menace grandissante. Il démontre que le prochain élu devra avant tout faire preuve en la matière de lucidité et de courage.

Vincent Nouzille, journaliste d’investigation indépendant, collabore régulièrement au Figaro Magazine et réalise des documentaires de télévision, après avoir travaillé notamment pour L’Express, Marianne et France Inter. Il est l’auteur de nombreuses enquêtes de référence, dont Les Tueurs de la République (Fayard, 2015), dans laquelle il révélait l’existence des assassinats ciblés décidés par François Hollande.

mardi 7 juin 2016

La cicatrice de Bruce Lowery****


Editeur : J'ai Lu - Date de parution : Octobre 1999
125 pages
Parution originale : 1960
Oeuvre écrite par l'auteur en français, traduite ensuite par lui-même dans sa langue natale : l'anglais
Prix de l'Académie Française 1962
Prix Rivarol en 1961


4ème de couverture


«J'étais, sans le savoir, un enfant heureux, relativement heureux, il est vrai. Mais ce n'était qu'une impression d'ensemble. Car ma vie, même alors, ne manquait pas de petits malheurs auxquels je n'arrivais pas à m'habituer. Il faut remonter à novembre 1944. J'avais treize ans.» Jeff porte sur la lèvre un petit bec-de-lièvre que tout le monde nomme la «cicatrice». Une infirmité dont il ne connaît pas la cause et qui lui vaut moqueries et méchancetés de toutes sortes. Parce qu'il ne sait s'en défendre, il intériorise toute cette douleur, toutes ces blessures morales répétées. À cet âge si sensible, s'enfermant peu à peu, il souffre et fait souffrir ceux qui l'aiment sans réserve...


Mon avis  ★★★★☆


Première lecture partagée avec ma doudou de 12 ans !
Un vrai plaisir de pouvoir échanger sur une lecture ensemble.
Très bon roman sur la discrimination.
La fin est un peu dure, nous étions d'accord sur ce point toutes les deux.


"Certains bleus font beaucoup moins de mal que l'indifférence."