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mercredi 6 mars 2019

La cerise sur le gâteau ★★★★☆ de Aurélie Valognes


À quelque chose malheur est bon !
Une bonne vieille expression comme les affectionne Aurélie Valognes et qui n'est pas loin d'être le cas pour ce tout jeune retraité Bernard. La retraite, jamais il n'y pensait, du moins pas tout de suite, et pour cause, son travail, c'est sa grande passion, unique même. Pourtant remercié, il va bien falloir s'occuper ! 

Bernard, personnage central de ce roman est au premier abord, pas des plus avenants, mais au contact de son « temps libre », de sa famille, des ses petits-enfants, de Paul particulièrement, il va devenir un être attachant, plus humain,  un Écolo-man même, qui se pose des questions, qui s'interroge sur la planète, sur la transmission, sur le temps qui passe ... vite en réalité. Bien trop vite, et quand il est l'heure de se poser un peu, on s'aperçoit parfois, que l' on est passé à côté de l'essentiel.  
C'est le message que nous transmet Aurélie Valognes à travers cette chouette histoire, débordante d'optimisme, bourrée d'émotions, de bons sentiments, qui fait du bien et qui est, pour ma part, arrivée comme marée en Carême (;-)) après deux lectures particulièrement éprouvantes : « Il n'est jamais trop tard pour revenir à l'essentiel ! » Concept partagé Aurélie ! Merci pour votre bonne humeur, elle transparaît dans votre roman pour notre plus grand plaisir. 

Mettre des mots sur le quotidien des gens qui vous entourent participe indéniablement au fait que vos lecteurs se reconnaissent à moment ou à un autre dans un de vos personnages, et je comprends le succès de vos romans. Ils sont inspirants
Merci à vous, à Babelio, à votre éditrice pour ce beau cadeau en avant-première.

« - Socrate disait : Connais-toi toi-même. Très peu de gens savent qu'il ajoutait ensuite : Rien de trop. Ce qu'il voulait dire, c'est qu'il faut revenir à l'essentiel, Bernard. On a tous à gagner à se défaire de notre vie d'avant...
- Avant j'avais des principes, maintenant j'ai des enfants !
Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants. Antoine de Saint-Exupéry.
On ne se trompe jamais quand on écoute ses rêves d'enfant.
Partir en laissant très peu de choses derrière soi, c'est aussi montrer que l'on fait de la place aux autres. »

Quatrième de couverture
  La vie est mal faite : à 35 ans, on n'a le temps de rien, à 65, on a du temps, mais encore faut-il savoir quoi en faire…  Bernard et Brigitte, couple solide depuis 37 ans, en savent quelque chose.
  Depuis qu’elle a cessé de travailler, Brigitte profite de sa liberté retrouvée et de ses petits-enfants. Pour elle, ce n’est que du bonheur. Jusqu’au drame : la retraite de son mari !
  Car, pour Bernard, troquer ses costumes contre des pantoufles, hors de question. Cet hyperactif bougon ne voit vraiment pas de quoi se réjouir. Prêt à tout pour trouver un nouveau sens à sa vie, il en fait voir de toutes les couleurs à son entourage !
  Ajoutez à cela des enfants au bord de la crise de nerfs, des petits-enfants infatigables, et surtout des voisins insupportables qui leur polluent le quotidien…
  Et si la retraite n’était pas un long fleuve tranquille ?
Un cocktail explosif pour une comédie irrésistible et inspirante.

Éditions Mazarine, mars 2019
407 pages


Aurélie Valognes, vous êtes pétillante ! Ce fut un réel plaisir de partager un petit moment avec vous, le temps d'une soirée organisée par les éditions Mazarine et Le Livre de Poche, au Bar à Bulles, lieu charmant qui semble vous correspondre à merveille.

Un grand merci pour ce beau moment.


vendredi 22 février 2019

Les bracassées ★★★★☆ de Marie-Sabine Roger


Rire de soi avant que les autres ne s'en chargent.
C'est ce que recommande Harmonie, une des protagonistes de ce roman. Elle a des tocs, des tics, de la friture sur la ligne, émet des Wouh-Ouh-ah...Elle est adorable...un exemple à suivre.
Mais d'ailleurs, qu'en j'y pense...Gros Connard Enculé...ce syndrome de Gilles de la Tourette, n'en serais-je pas atteint ponctuellement... au volant par exemple ? ;-))

Marie-Sabine Roger nous invite également à faire la connaissance de Fleur, une craintive qui se rêverait audacieuse, qui avance dans la vie à petits pas serrés, à demi asphyxiée, une poupée gigogne comme ces matriochkas russes L'énorme baba ventrue qui cache au milieu d'elle une enfant crédule enjouée qu'elle tient retient enfermée...

Toutes deux se définissent comme une espèce en voie de progression l'espèce de celles et ceux qui nichent dans des caches se terrent dans des trous de hobbit vivent dans des bocaux étiquetés Obésité morbide Syndrome de Machin ou Maladie de truc, de l'espèce des paumés inclassables condamnés pour survivre à se faire oublier.
D'autres personnages haut en couleur sont de la partie et vont faire un bout de chemin avec elles, comme des petits cailloux salvateurs qui vont les aider à trouver leur chemin : Elvire au regard fuyant, aux yeux qui dansent, une Tonton sans complexe et un certain Monsieur Poussin. Oh que j'aimerais rencontrer un Monsieur Poussin, un Renoir de la photo argentique, parcourir ses photographies qui guérissent, ces tranches de vie volées, ces femmes aimantes, ces hommes comblés. J'adorerais.

J'ai ri, ai été émue aux larmes, un roman Feel-Good qui fait du bien, qui touche, qui sonne juste, qui remet les idées en place, les reroute sur l'essentiel. Aimer l'autre pour ce qu'il est. Le droit à être soi-même. Le Vivre ensemble. C'est ce que conte raconte Les bracassées. Et ce n'est que du bonheur !

Alors, n'hésitez pas, venez passer un bon moment avec la fine équipe des Bracassées, une belle brochette de quatre jolies demoiselles et un vieux troll photographe. Je vous souhaite le meilleur à leur contact.

MERCI aux babeliotes Anne, Blandine et Sabine. C'est grâce à vos critiques élogieuses sur Marie-Sabine Roger que je me suis plongée dans cet opus, que j'ai découvert une auteure douée pour détendre les zygomatiques et distiller de la bonne humeur. Je m'abonne sans hésiter. Encore merci.
« Tu crois vraiment qu'on change la vie des gens comme ça, toi ? demande Tonton.Je ne sais pas Wouh-Ouh Ah-Ah. Je crois aux petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Je crois aux petits oiseaux qui font les grandes volières.  »

« Non je ne place pas mon estime de moi dans le fait d'aller faire des ménages deux heures par semaine je place mon estime de moi dans le fait d'arrêter de tourner en rond dans cet appartement sans aucun but ni Ah ni aucune espérance. 
Les rides d'expression sont des pages marquées des pages pliées de l'ongle dans le coin des regards. Les pages que la vie nous laisse pour mémoire.
Ce monsieur Piquet est plus raide que son nom, à croire qu'il s'y est empalé.
Est-ce qu'il existe un mot pour dire que l'on démissionne de soi-même Que l'on donne congé à sa propre ambition. 
Peu avare de détails (Josiane s'épanche sur elle-même avec une grande liberté), elle m'a expliqué que depuis quelques mois elle avait la tirelire en toile émeri, expression que j'ai mis un certain temps à comprendre, juste avant de rougir comme un feu au carrefour. Après quoi elle a ajouté qu'elle avait enfin trouvé le traitement adéquat et que, d'ailleurs, j'avais dû remarquer les sourires de Rosario et des cernes en couilles de loup. Josiane a son franc-parler, à son contact, j'ai beaucoup enrichi ma palette, même s'il s'agit souvent d'expressions difficiles à placer.
Savoir finit toujours par tuer la magie.
On ne peut voir le monde qu'avec ses propres yeux mais on peut décider de de distinguer le beau dans le disgracieux le sublime dans le grotesque l'immense dans le minuscule Ne voir que ce qui nous dérange c'est du temps perdu sur le bonheur Tout est question de point de vue...
Si on se réveille un jour avec un handicap une crise d'angoisse une cicatrice horrible un membre ou deux en moins un terrible chagrin un amour de toujours qui se tarit s'épuise on fait quoi. On continue à vivre ce n'est pas le problème. Vivre c'est mécanique il suffit de respirer de boire de se nourrir Ce qui gêne ce qui tue c'est toujours le regard Celui qui détaille sans vergogne Celui qui vous évite par pudeur hypocrite mais vous file de loin. Celui qui vous transperce ou pire celui qui ne vous regarde plus. Vivre n'est pas le problème. C'est vivre ensemble qui. 
Cent trois ans ! Vous n'avez pas idée du temps qu'il faut pour vivre autant ! »

Quatrième de couverture

Les bracassées Fleur et Harmonie ont des prénoms un peu... trompeurs. Harmonie est jeune, nerveuse, sensible. Elle est affligée d'un syndrome pénible, et se collète résolument avec une vie qui ne lui fait pas de cadeaux. Fleur est âgée, obèse, pétrie d'angoisses, de manies. Elle vit seule avec son chien Mylord et son armoire à pharmacie. Elle se méfie de tout le monde, sauf de son thérapeute, le cher docteur Borodine. Autour d'elles, Elvire, Tonton, le merveilleux Monsieur Poussin. Autant de personnages singuliers, touchants et drôles. Rien n'aurait dû les rassembler, si ce n'est leur étrangeté et le fait que la société fait d'eux des inclassables, incapables, déclassés, bras cassés. Dans ce roman, il y a de la musique russe, un petit chien en surpoids, des gens un peu fêlés, des monstres improbables, de très beaux portraits en noir et blanc, de la traîtrise et du drame, et - ce n'est pas du luxe - un peu de tolérance.

Éditions Grasset, août 2018315 pages

Les romans de Marie-Sabine Roger ont remporté de nombreux prix et sont traduits à l'étranger avec succès. Deux d'entre eux ont été adaptés au cinéma par Jean Becker, La tête en friche et Bon rétablissement. Elle vit en Charente.