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dimanche 17 novembre 2019

Le jardin arc-en-ciel ★★☆☆☆ de Ito Ogawa

Une histoire d'amour qui met au rebut les apparences. Une histoire de famille qui suscite quelques belles émotions. 
Un roman polyphonique sucré. 
Un peu trop sucré à mon goût...
Un peu trop de bons sentiments qui m'ont perdue en route.

L'écriture ne m'a pas autant convaincue que lors de mes lectures de « La Papeterie Tsubaki » et « Le Restaurant de l'amour retrouvé ». Elle a manqué de subtilité, de fluidité, de poésie, d'étincelles pour m'embarquer comme je l'aurais espéré. 

Un rendez-vous manqué, cette fois-ci, mais un rendez-vous qui se renouvellera puisque « Le Ruban » d'Ito Ogawa m'attend. Je croise les doigts et espère passer de nouveau un bon moment de lecture avec un de ses romans. 

«  Chiyoko caressait délicatement ma peau, comme si elle m'effeuillait.  [...] elle m'effleurait partout avec douceur, en légèreté, à un rythme agréable. [...] Mes os, ma langue, mon cerveau, mes cheveux, tout a fondu, j'avais l'impression d'être devenue une onctueuse goutte de nectar translucide.
Au début, il s'agissait d'une fuite. Nous avions fui la réalité de toutes nos forces. Nous avions cherché à nous éloigner autant que possible de l'endroit où nous avions vécu. Nous voulions laisser le passé derrière nous. Mais désormais, nous étions acculées. Nous ne pouvions plus ni fuir ni nous cacher. Nous allions nous fixer ici, vivre comme une famille, tous les trois.
Peut-être était-ce parce que nous montrions notre quotidien sans nous cacher. Étonnamment, depuis que nous avions ouvert l'Arc-en-ciel, plus personne ne cherchait à en savoir davantage sur notre relation, ni ne nous regardait d'un mauvais œil. C'est quand on cache quelque chose que cela excite l'attention. Sans doute que si tout le monde se promenait  tout nu, les pervers et les voyeurs se lasseraient.
[...] c'est important de cumuler les petites choses évidentes.
Même en marge, il était possible de prendre racine et de s'épanouir, je voulais le démontrer dans ma propre chair.
Il avait le goût de toute la colère, la rage et la tristesse du monde réunies, brassées au hasard et infusées.
De l'autre côté de la fenêtre, le soleil couchant commençait à darder des feux éblouissants. La chevelure de Chiyoko, baignée d'une lumière couleur de miel, luisait comme des épis de roseau de Chine.
Comme l'érable qui produit du nectar sucré au printemps, de leurs corps de femmes amoureuses émanait en permanence une légère fragrance pareille au miel.
Les vagues sur la grève se sont faites encore plus douces, soulevant une brise légère. Émanant de nulle part, un parfum sucré, comme du nectar concentré de fleurs, s'est répandu dans un murmure, nous emplissant encore plus de bonheur.
Un kumu, c'est un ancien, dépositaire de la sagesse hawaïenne transmise de génération en génération, un personnage à part à Hawaï. Il devait lui faire un lomilomi, un massage traditionnel. Outre le massage, la séance portait sur le corps et l'esprit, on méditait et on lui demandait conseil aussi.
Même dans les lieux les plus ingrats, la vie prospérait.
Jusque là, je croyais qu'au fil des années, en ayant vingt ans, puis trente, puis quarante, on devenait adulte. Mais non. Elles pourraient prendre de l'âge, ressembler à de vieilles mamies croulantes, à l'intérieur, elles auraient toujours sept ou huit ans. On aurait dit des enfants éternellement occupées à cueillir des fleurs et jouer à la dînette. »

Quatrième de couverture

Izumi, jeune mère célibataire, rencontre Chiyoko, lycéenne en classe de terminale, au moment où celle-ci s’apprête à se jeter sous un train. Quelques jours plus tard, elles feront l’amour sur la terrasse d’Izumi et ne se quitteront plus. Avec le petit Sosûke, le fils d’Izumi, elles trouvent refuge dans un village de montagne, sous le plus beau ciel étoilé du Japon, où Chiyoko donne naissance à la bien nommée Takara-le-miracle ; ils forment désormais la famille Takashima et dressent le pavillon arc-en-ciel sur le toit d’une maison d’hôtes, nouvelle en son genre.
Il y a quelque chose de communicatif dans la bienveillance et la sollicitude avec lesquelles la famille accueille tous ceux qui se présentent : des couples homosexuels, des étudiants, des gens seuls, des gens qui souffrent, mais rien de tel qu’un copieux nabe ou des tempuras d’angélique pour faire parler les visiteurs ! Tous repartiront apaisés. Et heureux.
Pas à pas, Ogawa Ito dessine le chemin parfois difficile, face à l’intolérance et aux préjugés, d’une famille pas comme les autres, et ne cesse jamais de nous prouver que l’amour est l’émotion dont les bienfaits sont les plus puissants.
On réserverait bien une chambre à la Maison d’hôtes de l’Arc-en-ciel !

Éditions Philippe Picquier, septembre 2016
 300 pages 
Traduit du Japonais par Myriam Dartois-Ako

lundi 8 octobre 2018

Un monde à portée de main ★★☆☆☆ de Maylis de Kerangal

Un livre hybride, pas vraiment dans le roman, pas vraiment dans le documentaire. Bien trop froid à mon goût pour être passionnant, et une lutte à plusieurs reprises pour aller au bout. Désolé Mr Busnel, de vous contredire, ainsi qu'un très grands nombres de libraires à priori puisqu'un bandeau recouvre à présent le livre : "Le livre préféré des libraires",  mais j'ai lu des romans de cette rentrée littéraire bien plus impressionnant que celui-ci. D'ailleurs, comment pouvez-vous affirmer qu'il est le meilleur ... parmi les quelques six cents sorties de cette rentrée ? Il me semble humainement impossible que vous les ayez tous lus, mais bon, je dis ça, je dis rien...

J'avais eu un coup de coeur pour son précédent roman "Réparer les vivants". L'écriture ciselée, remarquable, lumineuse de Maylis de Kerangal m'avait emballée. Ici, avec "Un monde à portée de main", ce ne fut pas le cas, vous l'avez compris. Trop décousu. Trop de techniques, de matériaux, de couleurs...énumérés à outrance. Assommant. Trop peu d'émotions. Déçue.

Peut-être suis-je tout simplement passée à côté. Ou le sujet m'a t-il laissée de marbre ;-) ? Ce n'est pas le fait qu'il soit ardu qui m'ait dérangée, mais bien cette absence de sensations, de vertiges, de frissons, de poésie. Enfin, bref, je m'attendais à autre chose qu'un reportage extrêmement précis sur le métier très technique de faussaire, qui ne m'a point embarquée, hélas.
Les médias m'ont vendu du rêve, j'ai été dupée ;-) Ayant adoré "Réparer les vivants" j'aurais très certainement tourné les pages de cet ouvrage. La précipitation de côté, je lui aurais peut-être fait un meilleur accueil. 
Allez j'arrête de me justifier... À vous de vous faire votre propre idée.  
Offert à ma belle-mère qui aime la peinture. J'espère qu'elle appréciera davantage que moi cette lecture.

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« Il y a du monde ici, on ne s'entend pas quand pourtant ça parle partout, comme si le brouhaha était creusé d'alvéoles -une ruche-, comme si chaque table ménageant autour d'elle un espace acoustique propice à toute conversation clandestine.
La rage, pas encore. Peut-être simplement l'idée de secouer la vie.
De fait, elle avait chiadé sa palette - blanc de titane, ocre jaune, jaune de cadmium orange, terre de Sienne naturelle, ombre fumée, brun Van Dyck, vermillon, un peu de noir - et réalisé deux glaçages pour obtenir une surface à la fois obscure et transparente - obscurité, transparence : le secret du portor.  
Octobre, les bois. Sensation d'entrer dans une pénombre que trouent çà et là des puits de lumière, dans un espace acoustique que traversent, harmonieux ou dissonants, d'autres corps et d'autres voix. D'autres langues aussi, et celle que l'on parle dans l'atelier est une langue inconnue que Paula doit apprendre...elle engrange les mots tel un trésor de guerre, tel un vivier, troublée d'en deviner la profusion - comme une main plonge à l'aveugle dans un sac sans jamais en sentir le fond -, tandis qu'elle nomme les arbres et les pierres, les racines et les sols, les pigments et les poudres, les pollens, les poussières, tandis qu'elle apprend à distinguer, à spécifier puis à user de ces mots pour elle-même, si bien que ce carnet prendra progressivement valeur d'attelle et de boussole : à mesure que le monde glisse, se double, se reproduit, à mesure que la fabrique de l'illusion s'accomplit, c'est dans le langage que Paula situe ses points d'appui, ses points de contact avec la réalité.
[...] l'idée que le trompe-l'oeil est bien autre chose qu'un exercice technique, bien autre chose qu'une simple expérience optique, c'est une aventure sensible qui vient agiter la pensée, interroger la nature de l'illusion, et peut-être même - c'est le credo de l'école - l'essence de la peinture. [...] le trompe-l'oeil doit faire voir alors même qu'il occulte, et cela implique deux moments distincts et successifs : un temps où l'oeil se trompe, un temps où l'oeil se détrompe...
Chêne, pin, eucalyptus, palissandre, acajou moucheté, loupe de thuya, tulipier de Virginie ou catalpa, octobre passe et Paula s'en tire, elle est confuse, suante, échevelée, rêve une nuit que sa peau est devenue ligneuse, mais produit des images, même si son panneau se distingue des autres, laborieux, toujours un peu faiblard. Jusqu'au jour où elle entend pour la première fois parler de la vitesse du frêne, de la mélancolie de l'orme ou de la paresse du saule blanc, elle est submergée par l'émotion : tout est vivant.
[...] vient le temps des marbres...Les noms merveilleux se durcissent, ils imposent des codes de représentation stricts, un système de conventions, une syntaxe et un vocabulaire aussi rigoureux que ceux d'une langue.  [...] vert de Polcevera, mischio de San Siro, albâtre du mont Gazzo. Peindre les marbres, c'est se donner une géographie...
...elle se souviendrait avoir compris que peindre c'était d'abord ne pas peindre, mais sortir dans la rue et aller boire une bière.
...Paula commence à peindre, condense en un seul geste la somme des récits et la somme des images, un mouvement ample comme un lasso et précis comme une flèche, car l'écaille de la tortue contient à présent bien autre chose qu'elle-même, ramasse les genoux écorchés d'une fillette de cinq ans, le danger, une île au fond du Pacifique, le bruit d'un œuf qui se lézarde, la vanité d'un roi, un marin portugais qui croque un rat, la chevelure ondoyante d'une actrice de cinéma, un écrivain à la pêche, la masse du temps et sous des langes brodés, un bébé royal endormi au fond d'une carapace comme dans un nid fabuleux. 
Anna Karénine est un bon instrument d'optique pour regarder l'amour...
... imaginer un temps où les hommes ne seraient plus que des mythes, des légendes, des présences dans les récits des créatures qui habiteraient désormais la Terre - qui peut encore croire aux hommes, Paula ? »
***********************
Quatrième de couverture

« Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde : c’est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l’illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu’elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu’un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s’immobilise, allonge le bras dans l’aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l’oiseau, et tend l’oreille dans le feuillage. »

Éditions Gallimard, collection Verticales, août 2018
285 pages

dimanche 12 mars 2017

L'atelier des miracles** de Valérie Tong Cuong

Éditions JC Lattès, janvier 2013
266 pages

Quatrième de couverture

C'était un atelier d'horlogerie, a-t-il souri. Remettre les pendules à l'heure, réparer la mécanique humaine : c'est un peu notre spécialité, non ?
Professeur d'histoire-géo, Mariette est au bout du rouleau. Rongée par son passé, la jeune Millie est prête à tout pour l'effacer. Quant au flamboyant Monsieur Mike, ex-militaire installé sous un porche, le voilà mis à terre par la violence de la rue.

Au moment où Mariette, Mike et Millie heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main - Jean, qui accueille dans son atelier les âmes cassées.
Jean dont on dit qu'il fait des miracles.

Mon avis ★★☆☆☆


Un roman plutôt frais, et dont la tournure des événements est surprenante, ce qui n'a pas été pour me déplaire, je vous avoue, car j'ai bien failli lâcher ce roman, avant même la rencontre de nos trois protagonistes, brisés, accidentés de la vie, avec leur bienfaiteur Jean Hart, qui a plus du gourou que d'un Abbé Pierre. Dans la première partie, nous découvrons tour à tour les personnages, Millie, dont la vie s'enflamme, Mariette, la gifleuse et Mike, le gros bras clodo alcoolo. Ils vont tous être ramassés par Jean, le rédempteur, et cela tombe bien, car il s'est y faire cet homme au grand coeur.
Et puis, des zones d'ombre surgissent, des secrets bien gardés, que l'on a envie de voir se dévoiler. Et puis la question qui taraude : vont-ils se relever ? Vont-ils s'en sortir ? 
Toutefois, ce qui leur est arrivé, ce qui leur arrive est un peu gros. J'ai eu du mal à faire preuve d'empathie à leur égard, à les trouver attachants. En revanche, il y en a un qui m'a fait sortir de mes gonds tellement je l'ai trouvé répugnant, c'est le mari de Mariette, bien trop attaché à son image et à sa réputation «Pauvre conne ! Mon nom traîné dans la boue ! Va te faire numéroter les abattis à l’Atelier. J’ai dit : ne discute pas, tu me fais honte, ma pauvre amie. Et ne reviens qu’après révision complète. » Mais quel c...... !!
Il m'a manqué ce petit quelque chose dans l'écriture pour être embarquée, happée par cette histoire de vies fracassées. Pourtant, ce livre est empreint d'espoir et d'humanité, l'écriture est vive, l'humour s'y invite, et l'intrigue est bien menée, véritablement piégeuse ...
Dans le genre, j'ai davantage aimé Ensemble c'est tout, d'Anna Gavalda.

«[...] l'ignorance est plus dangereuse qu'une grenade dégoupillée.
Ne vous fiez pas aux apparences, docteur, les paies sont trop profondes pour guérir en dix jours. Je ne suis pas prête à retrouver le mépris de mon mari, l'indifférence de mes fils, l'écrasement du quotidien qu'est ce qu'on mange ce soir, quoi mon tee-shirt n'est pas encore lavé, qu'est ce qu'elle fout la femme de ménage, maman il faut me racheter des baskets, chérie j'ai invité les Bernard à dîner tu seras gentille de nous faire autre chose que ton poulet dégueulasse de la dernière fois, et puis c'est quoi ces cheveux, on dirait Rob Stewart avec des extensions !
N'empêche, j'ai gagné ma journée quand l'interne de service, après le sermon de circonstance, m'a expliqué les bienfaits de la binouze,. Oui monsieur, les bienfaits. Et que ça te protège les artères, et que ça élimine les saloperies qui se baladent dans les reins, et que ça vous refile des vitamines, sans compter l'effet antidépresseur, mais c'est pas les gangsters des labos qui vous diraient la vérité, tu penses.
- Souviens-toi qu'il est parfois  difficile d'identifier l'illusion...- Souviens-toi qu'il est parfois salutaire d'écouter son instinct...»

dimanche 15 janvier 2017

La fille sur la photo** de Karine Reysset


Éditions Flammarion, janvier 2017
293 pages

Quatrième de couverture


Quand elle accourt au chevet de Garance, la fille de son ancien compagnon, Anna doit faire face à tout ce qu'elle a cru laisser derrière elle.
Le foyer qu'elle a fui et la place incertaine qu'elle y a tenue pendant dix ans. Son histoire d'amour avec le «grand homme», réalisateur de renom, qu'elle a quitté pour un admirateur plus inquiétant qu'il n'en avait l'air. Les trois enfants qu'elle a «abandonnés», après les avoir aimés comme s'ils étaient les siens.
Les raisons de son départ, dont elle-même a fini par douter, et les traces qu'il a laissées dans le cœur des uns et des autres.
Est-il trop tard pour recoller les morceaux ? Est-ce seulement souhaitable ?

Avec autant de vigueur que de délicatesse, Karine Reysset suit son héroïne dans sa quête d'identité et d'indépendance.

Karine Reysset a 42 ans et vit à Paris. Elle est l'auteur de six romans parmi lesquels Comme une mère, Les Yeux au ciel (L'Olivier, 2008,2001) et L'Ombre de nous-mêmes (Flammarion, 2014).

Mon avis ★★☆☆☆


Tout d'abord merci à Babelio et les Éditions Flammarion pour l'envoi de ce roman.
Je découvre Karine Reysset avec cet ouvrage, et ce fût malheureusement pour moi un rendez-vous manqué. 
L'histoire est simple, ce qui n'est pas un problème en soi; une histoire de famille recomposée, des relations mère/fille, belle-mère/filles, des relations amoureuses compliquées, la douleur d'une séparation, la perte d'un proche, une vie mouvementée ... un roman qui parle donc de la famille, une auto-fiction, un genre que je lis peu, mais la quatrième de couverture m'avait intriguée. 
Cependant, l'émotion n'a pas été au rendez-vous, il m'a manqué un peu plus de profondeur, de fluidité dans l'écriture.
Ce n'est bien entendu que mon avis, ce livre plaira très certainement à certains d'entre vous, plus enclins à ce style de roman.

«Aigrette blanche, pattes immergées dans les champs inondés. Sangliers filant à travers les plaines baignées de soleil. Le temps d’un battement de cils, le paysage qui défile est devenu d’une tristesse insupportable, comme s’il avait brûlé en quelques instants.»

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dimanche 20 novembre 2016

Le mystère Henri Pick de David Foenkinos **



Collection Blanche, Gallimard, avril 2016
286 pages


Quatrième de couverture



En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination? Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs.


Mon avis ★★☆☆☆


Peu de force dans les dialogues, la psychologie des personnages est peu voire pas approfondie.
L'idée était très bonne, mais elle n'a pas était exploitée de manière à me faire vibrer. Et c'est bien dommage. Je n'ai pas retrouvé dans ce roman, la belle plume que j'avais tant appréciée dans Le potentiel érotique de ma femme, ou de Charlotte. J'avais ressenti aussi beaucoup d'émotions à la lecture de Délicatesse. Ce qui n'a franchement et malheureusement pas été le cas pour Le Mystère de Henri Pick.
J'ai malgré tout passé un bon moment de lecture, et j'en ai apprécié le final. Je ne m'y attendais pas; c'est toujours agréable d'être surprise.

«Tant de personne écrivent avec ce rêve d'y parvenir un jour, mais il y a pire violence que la douleur de ne pas être publié : l'être dans l'anonymat le plus complet. Au bout de quelques jours, on ne trouve plus votre livre nulle part, et on se retrouve d'une manière un peu pathétique à errer d'une librairie à l'autre, à la recherche d'une preuve que tout cela a existé. Publier un roman qui ne rencontre pas son public, c'est permettre à l'indifférence de se matérialiser.
Tu veux une dispute mon amour ?
— Oui.
— Pas ce soir, car je suis crevée. Mais bientôt mon amour. Bientôt…
On parlerait de lui, et il serait vivant à nouveau. C'est le privilège des artistes, entraver la mort en laissant des oeuvres.»


vendredi 7 octobre 2016

La librairie de la pomme verte - Collectif**


Editions Les Arènes, septembre 2013
266 pages
Textes d'écrivains américains rassemblés par Ronald Rice et 
Traduits par Hélène Dauniol-Remaud 
Ouvrage original, 2012
My Bookstore, Writers celebrate their favorite places to browse, read, and shop

Quatrième de couverture


UN LIVRE PEUT CHANGER VOTRE VIE, UN LIBRAIRE AUSSI. 
Tendres et pleines d'humour, ces histoires vraies écrites par trente grands romanciers américains sont autant un hymne à la librairie qu'une invitation à la lecture et à la découverte de nouveaux livres.

"Le seul endroit aussi apaisant qu'une librairie accueillante est sans doute la cuisine de votre grand-mère. " Isabel Allende. 
"Beaucoup de gens, dont moi, considèrent cette librairie comme leur second foyer. Les personnes qui y travaillent sont en quelque sorte des parents. Je m'y rends si souvent que s'il se passe quelques jours sans que je vienne, l'un des membres du personnel peut me demander, sincèrement inquiet, si j'ai été malade." Angela Davis Gardner.
Les étagères grimpaient le long des murs, jusqu'aux plafonds élevés, et je me souviens que je me demandais ce qui se trouvait là-haut, dans les boîtes en carton tellement hors de ma portée. Les mêmes choses que sur les étagères du dessous ? D'autres merveilles inimaginables ? Alvord and Smith était un magasin destiné à ceux qui - quoique j'eusse été incapable de le formuler à l'époque - avaient d'autres aspirations que le quotidien de notre ville industrielle et miteuse. Il n'y avait jamais grand monde. (...). Richard Russo, 2012

Mon avis  ★★☆☆☆


Tout était réuni pour me plaire : un joli titre, une attirante illustration, une quatrième de couverture alléchante, la citation de Robert Whitman en exergue "le commerce des livres est le commerce de la vie"; à l'heure d'Amazon et de ses ventes massives, cette idée semble avoir été perdue en route. 
Et bien que nenni, patatras...j'ai lutté pour ne pas lâcher ce recueil avant la fin. 
Les auteurs sont conviés à répondre à cette question : quelle est votre librairie préférée? Les témoignages, de quelques pages, s'enchaînent et se répètent sans véritable saveur. Ce n'est que mon petit avis; je n'ai pas ressenti d'émotions particulières, j'avais l'impression de lire un catalogue, une série de devoirs sur table ... j'en attendais certainement trop, j'imaginais une belle aventure quasi amoureuse, savoureuse, piquante.
Trop d'astérisques précisant que l'auteur n'est pas traduit en France. Ils sont bien trop nombreux à mon goût, et bien trop à ne pas être très connus. J'aurais bien aimé lire les confidences de John Irving, Stephen King ou encore Jim Morrison, qui était encore parmi nous au moment de la sortie de ce recueil. Je lirai certainement la version française : "Livre, vivre et rêver" aux éditions Les Arènes, sorti en 2015.

J'ai aimé toutefois certains passages, le fait que les auteurs participant au recueil fustigent à l'unanimité ce diable d'Amazon «Le problème est qu'Amazon est l'exact opposé d'une librairie indépendante. Les librairies indépendantes reflètent généralement la personnalité et l'excentricité de leurs propriétaires, de leurs directeurs, de leurs employés...Emily St John Mandel», les annotations en bas de pages, qui m'ont apporté de nouvelles idées lecture (ma PAL en avait besoin ;-)), et bien entendu l'intention du recueil : un hommage aux librairies indépendantes, aux libraires qui vouent corps et âmes à leur passion du livre, qui s'investissent pour que la littérature de qualité, celle des jeunes auteurs y compris, reste vivante et humaine. Leur travail est admirable. (Je vais d'ailleurs demain à une rentrée littéraire animée par un libraire indépendant - il a toujours des pépites à conseiller, et c'est un vrai bonheur - d'une ville voisine qui se déplace dans la bibliothèque de ma ville... ville qui, à mon grand regret, est dépourvue d'une librairie indépendante.)
Et puis, toutes ces librairies donnent très envie. Pour ma part, je me rendrai déjà dans celle de Paris Shakespeare and Company présentée par Emily St John Mandel.
Je n'ai finalement pas tout à fait perdu mon temps, et j'ai appris un nouveau mot ;-) "Idiosyncrasie", mentionné dans la chronique de Mick Cochrane : 
«...c'est MA librairie : Talking Leaves Books. Jonathan Welch (...) explique que son nom vient de la manière dont ceux qui ne connaissent pas les livres définissent leur pouvoir extraordinaire : "Les pages des livres sont vues comme des "feuilles" qui "parlent", transmettant sagesse et esprit." La devise de la librairie est "Indépendante et Idiosyncrasique depuis 1971." »
Ce recueil mérite certainement davantage que mes deux étoiles de part sa très belle et honorable intention. J'ai été déçue, ce sont des choses qui arrivent. Si vous lisez ce livre, un conseil, ne faites pas la même erreur que moi, picorez-le, n'enchaînez pas les récits au risque de vous lasser...

« Le but autoproclamé de Talking Leaves est de mettre à disposition des livres qui changent la vie, des livres qui «nous ouvrent de nouveaux mondes, ou éclairent mieux le nôtre», des livres qui "étendent et accroissent notre vision et notre compréhension de l' univers et de ses créatures, ses cultures et ses modes. Mick Cochrane
Chaque livre est mon "bébé", bien sûr, mais ce sont eux qui lui repassent ses vêtements et le coiffent, et lui donnent une bonne tape sur les fesses avant de l'envoyer dans le monde. Les libraires comme Chris Bowe forment le grand coeur qui bat de la littérature américaine contemporaine, et, sans eux, tout ce que je fais n'a que très peu d'intérêt. Ron Currie
Seigneur, vous vous souvenez quand nous devions attendre les choses? Quel plaisir sublime c'était, un plaisir que nous avons perdu. Ron Currie
...l'endroit était toujours bondé. Il y avait les gens du coin et les touristes, et, par-dessus tout, les vendeurs : de vrais libraires en chair et en os. Et il y avait toujours des conversations qui fusaient. Au diable le silence conventionnel des bibliothèques et la musique d'ascenseur des centres commerciaux qui vous incitent sournoisement à consommer; chez Northshire, les gens comprenaient que les livres sont des choses dont on parle. Des choses dont on doit parler, parce que plus on parle de livres, plus on comprend les gens avec qui on parle de livres. C'est aussi simple que ça. Jon Clinch
Peut-être est-ce juste l'intuition que tout ce que peut vous proposer une librairie aussi excentrique et aussi bizarre que les livres et les écrivains eux-mêmes, ou que le langage est forcément précieux et que c'est là qu'il faut acheter ses livres. Et, si vous achetez vos livres, elle perdurera, et les petits éditeurs perdureront, et les vrais livres perdureront. Quiconque souhaite autre chose est un imbécile. Dave Eggers
Baptisé dans l'encre, et emmailloté dans des langes de poussière, je suis l'un de ces types à qui une bonne librairie sert de temple, de sanctuaire, de bosquet sacré, de caravane bohémienne, de nigtht-club à Tijuana, de parc de loisirs, de source de santé mentale, de camp de safari, de station spatiale et de champs de rêves intérieur. Tom Robbins »

La librairie Shakespeare and Company, en 2004 
5ème arrondissement parisien
(Source Wikipedia)

mardi 20 septembre 2016

On regrettera plus tard de Agnès Ledig**


Editions Albin Michel, mars 2016
320 pages

Quatrième de couverture


Cela fait bientôt sept ans qu’Eric et sa petite Anna Nina sillonnent les routes de France. Solitude choisie. Jusqu’à ce soir de juin, où le vent et la pluie les obligent à frapper à la porte de Valentine. Un orage peut-il à lui seul détourner d’un destin que l’on croyait tout tracé ?

Avec la vitalité, l’émotion et la générosité qui ont fait l’immense succès de Juste avant le bonheur et Pars avec lui, Agnès Ledig explore les chemins imprévisibles de l’existence et du cœur. Pour nous dire que le désir et la vie sont plus forts que la peur et les blessures du passé.

Mon avis ★★☆☆☆


Une lecture plaisir, détente, pleine de bons sentiments, un peu trop pour moi.
Les passages sur la vie  de Suzanne pendant la seconde guerre mondiale m’ont émue, ils sont empreints d’une douleur vive et d’un profond courage.
Mais voilà, les autres passages, ceux  évoquant la vie de Valentine, la rencontre avec Eric et sa fille Anna-Nina sont bien trop romanesques pour moi.

Cet ouvrage obtenait de belles critiques sur Babelio, ce qui a piqué ma curiosité. Aucun regret, lecture rapide, une jolie histoire…mais ce n’est pas mon style simplement.
Un rendez-vous manqué pour moi, mais ce n'est que mon ressenti bien entendu.


       «  Une réponse sans chaleur, c'est comme un regard qui se pose ailleurs.   »