dimanche 12 mars 2017

L'atelier des miracles** de Valérie Tong Cuong

Éditions JC Lattès, janvier 2013
266 pages

Quatrième de couverture

C'était un atelier d'horlogerie, a-t-il souri. Remettre les pendules à l'heure, réparer la mécanique humaine : c'est un peu notre spécialité, non ?
Professeur d'histoire-géo, Mariette est au bout du rouleau. Rongée par son passé, la jeune Millie est prête à tout pour l'effacer. Quant au flamboyant Monsieur Mike, ex-militaire installé sous un porche, le voilà mis à terre par la violence de la rue.

Au moment où Mariette, Mike et Millie heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main - Jean, qui accueille dans son atelier les âmes cassées.
Jean dont on dit qu'il fait des miracles.

Mon avis ★★☆☆☆


Un roman plutôt frais, et dont la tournure des événements est surprenante, ce qui n'a pas été pour me déplaire, je vous avoue, car j'ai bien failli lâcher ce roman, avant même la rencontre de nos trois protagonistes, brisés, accidentés de la vie, avec leur bienfaiteur Jean Hart, qui a plus du gourou que d'un Abbé Pierre. Dans la première partie, nous découvrons tour à tour les personnages, Millie, dont la vie s'enflamme, Mariette, la gifleuse et Mike, le gros bras clodo alcoolo. Ils vont tous être ramassés par Jean, le rédempteur, et cela tombe bien, car il s'est y faire cet homme au grand coeur.
Et puis, des zones d'ombre surgissent, des secrets bien gardés, que l'on a envie de voir se dévoiler. Et puis la question qui taraude : vont-ils se relever ? Vont-ils s'en sortir ? 
Toutefois, ce qui leur est arrivé, ce qui leur arrive est un peu gros. J'ai eu du mal à faire preuve d'empathie à leur égard, à les trouver attachants. En revanche, il y en a un qui m'a fait sortir de mes gonds tellement je l'ai trouvé répugnant, c'est le mari de Mariette, bien trop attaché à son image et à sa réputation «Pauvre conne ! Mon nom traîné dans la boue ! Va te faire numéroter les abattis à l’Atelier. J’ai dit : ne discute pas, tu me fais honte, ma pauvre amie. Et ne reviens qu’après révision complète. » Mais quel c...... !!
Il m'a manqué ce petit quelque chose dans l'écriture pour être embarquée, happée par cette histoire de vies fracassées. Pourtant, ce livre est empreint d'espoir et d'humanité, l'écriture est vive, l'humour s'y invite, et l'intrigue est bien menée, véritablement piégeuse ...
Dans le genre, j'ai davantage aimé Ensemble c'est tout, d'Anna Gavalda.

«[...] l'ignorance est plus dangereuse qu'une grenade dégoupillée.
Ne vous fiez pas aux apparences, docteur, les paies sont trop profondes pour guérir en dix jours. Je ne suis pas prête à retrouver le mépris de mon mari, l'indifférence de mes fils, l'écrasement du quotidien qu'est ce qu'on mange ce soir, quoi mon tee-shirt n'est pas encore lavé, qu'est ce qu'elle fout la femme de ménage, maman il faut me racheter des baskets, chérie j'ai invité les Bernard à dîner tu seras gentille de nous faire autre chose que ton poulet dégueulasse de la dernière fois, et puis c'est quoi ces cheveux, on dirait Rob Stewart avec des extensions !
N'empêche, j'ai gagné ma journée quand l'interne de service, après le sermon de circonstance, m'a expliqué les bienfaits de la binouze,. Oui monsieur, les bienfaits. Et que ça te protège les artères, et que ça élimine les saloperies qui se baladent dans les reins, et que ça vous refile des vitamines, sans compter l'effet antidépresseur, mais c'est pas les gangsters des labos qui vous diraient la vérité, tu penses.
- Souviens-toi qu'il est parfois  difficile d'identifier l'illusion...- Souviens-toi qu'il est parfois salutaire d'écouter son instinct...»

mercredi 8 mars 2017

Le feu sur la montagne***** de Edward Abbey


Éditions Gallmeister, janvier 2008
212 pages
Traduit par Jacques Mailhos
Parution originale Fire on the mountain, 1962


Quatrième de couverture


Le ranch de John Vogelin est toute sa vie. Sous le ciel infini et le soleil éclatant du Nouveau-Mexique, le vieil homme ne partage sa terre qu'avec les coyotes, les couguars et autres animaux qui peuplent les montagnes et le désert. Jusqu'au jour où l'US Air Force décide d'y installer un champ de tir de missiles. Déterminé à défendre sa terre, le rancher irascible et borné engage alors un bras de fer avec l'armée. Or un vieil homme en colère est comme un lion des montagnes : acculé, il se battra jusqu'à la mort. Dans ce western épique et contestataire, Edward Abbey explore les thèmes qui ont fait de lui une figure incontournable de la contre-culture et confirme qu'il est l'un des meilleurs écrivains de l'Ouest américain.

Edward Abbey (1927-1898), personnage emblématique et contestataire, est le plus célèbre des écrivains de l'Ouest américain. Le succès du Gang de la Clef à Molette, paru en 1975, a fait de lui une icône de la contre-culture et le pionnier d'une prise de conscience écologique aux États-Unis. À sa mort, il demanda à être enterré dans le désert. Aujourd'hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.


Mon avis  ★★★★★

«Au-delà du mur de la ville irréelle, au-delà des enceintes de sécurité coiffées de fil de fer barbelé et de tessons de bouteille, au-delà des périphériques d’asphalte à huit voies, au-delà des berges bétonnées de nos rivières temporairement barrées et mutilées, au-delà de la peste des mensonges qui empoisonnent l’atmosphère, il est un autre monde qui vous attend. C’est l’antique et authentique monde des déserts, des montagnes, des forêts, des îles, des rivages et des plaines. Allez-y. Vivez-y. Marchez doucement et sans bruit jusqu'en son cœur. Alors…»
Sublime !
Une lecture pendant laquelle le temps s'arrête, qui nous ramène à l'essentiel, qui nous prend aux tripes, qui nous transporte ... pour peu que vous soyez proches de la nature et ayez l'écologie et le respect de l'environnement dans votre âme.
C'est mon cas, et cette lecture m'a bouleversée. Edward Abbey s'est inspiré d'une histoire vraie, je le savais avant d'entamer cette lecture, et j'en ai été d'autant plus révoltée, indignée...émue surtout.
J'ai aimé les descriptions du désert, des couchers de soleil sur la montagne, de la nature environnante, j'ai aimé l'intrépidité de Billy, l'amitié forte entre Lee et John, le courage de John, un ranger prêt à tout pour défendre ce qui lui appartient, à lui, à ses prédécesseurs, défendre son lopin de terre sur lequel il a bâti sa vie...sa rage, son attitude, son obstination...un homme insoumis,  ... et cette fin si ... à son image.
Un récit poétique, poignant, que je n'aurais voulu quitter. Une rose du désert, sublime !








«Cela faisait trois ans que je venais chaque été au Nouveau-Mexique; à chaque fois, je regardais, fasciné, ce paysage mort comme la lune et je me demandais: qu’est-ce qu’il y a là-bas? Et à chaque fois je répondais: il y a quelque chose là-bas – peut-être tout. Le désert m’apparaissait comme une sorte de Paradis. Aujour­d’hui encore. Toujours.

L'oblique lumière ambre du soir découpait tous les contours du paysage : je voyais les corbeaux dans les arbres, le pick-up de Grand-père garé sous le hangar à chariots, les fenêtres de la maison embrasées par le soleil, les enfants Peralta qui jouaient sous l'éolienne, les chiens qui s'ébrouaient sous le porche, les plis et replis des rives de glaise érodées de l'autre côté des bâtiments, les buissons de chamisa et de plantes grasses luisant sur la plaine - choses, apparences, surfaces d'une précision acérée, le tout surmonté d'un triomphal arc-en-ciel.

Il n'arriverait rien aujourd'hui. Le soleil se coucherait derrière les montagnes, les nuages gronderaient et les vautours s'envoleraient, mais il n'arriverait rien. Je le savais. Et tout cela me semblait si merveilleux que ça me plaisait comme ça. Je voulais qu'aucun événement parasite ne vienne gâcher ou abréger la stase cristalline du long après-midi du désert. Ce soir, peut-être. Ou demain. Mais pas aujourd'hui.

- Pourquoi est-ce qu'on l'appelle la Montagne des Voleurs ? demandai-je sans décoller les yeux de la transmutation de la roche grise et nue en or pur.
- Elle appartient au gouvernement, dit Grand-père.
- Oui, le gouvernement l’a volée aux éleveurs, dit Lee. Et les éleveurs l’ont volé aux indiens. Et les indiens l’ont volée aux… aux aigles ? aux lions ? Et avant ça… ?

- C'est la saisons sèche, dit-il enfin. C'est la sécheresse. Mais y en a plus pour longtemps.
- Ça fait trente ans qu'elle dure, ta saison sèche.
- Alors y a d'autant plus de raisons de penser qu'elle peut plus durer longtemps.

ALORS...L’ÉTÉ AVANÇA, chaud et sec et magnifique, si magnifique que ça vous brisait le cœur de le voir en sachant qu’il n’était pas éternel : cette lumière éclatante vibrant au-dessus du désert, les montagnes pourpres dérivant sur l'horizon, les houppes roses des tamaris, le ciel sauvage et solitaire, les vautours noirs qui planent au-dessus des tornades, les nuages d'orage qui s'amassent presque chaque soir en traînant derrière eux un rideau de pluie qui n'atteint que rarement la terre, la torpeur du midi, les chevaux qui se roulent dans la poussière pour sécher leur sueur [...] les somptueuses aubes qui inondent la plaine et les montagnes d'une lumière irréelle, fantastique, sacrée, les cactus cierge qui déploient et referment leurs fleurs le temps d'une seule nuit, les rayons de lune qui tombent à l'oblique par la porte ouverte de ma chambre, dans le baraquement, la vue et le bruit de l'eau fraîche tombant goutte à goutte d'une source après une longue journée dans le désert...Je ne pourrais citer les mille choses que j'ai vues et que je n'oublierai jamais, mille merveilles et mille miracles qui touchaient mon coeur en un point que je ne maîtrisais pas.

Le monde avait l’air différent d’en haut. Il avait l’air meilleur. Une joie primitive s’épanouit dans mon cœur alors que je guidais mon cheval vers la sortie. Un léger coup de talon, et il avançait; une petite tension sur les rênes, il s’arrêtait. Je me penchai en avant et caressai sa puissante encolure. Ce bon vieux Blue… J’avais l’impression de faire dix pieds de haut, j’étais le maître des chevaux et des hommes. Les oiseaux sauvages qui criaient dans le désert faisaient écho à l’ivresse de mon âme.

- Monsieur Vogelin, poursuivit DeSalius, vous êtes le dernier obstacle à ce projet. Il n'y a plus que vous. Vous seul. Et ce projet est une composante essentielle de notre programme de défense nationale. Je comprends évidemment l'attachement sentimental que vous avez pour ce lieu, mais vous devez aussi comprendre que la sécurité nationale prime sur toute autre considération. Chaque citoyen doit d'abord et avant tout fidélité à sa nation, et tous les droits de propriété - le colonel fit une moue de plaisir en déroulant son artillerie rhétorique -, tous les droits de propriété dérivent et dépendent de la souveraineté de l'État. Je vous renvoie à la loi des nations, à Grotius, Blackstone, Marshall...

- Vous savez, je peux comprendre votre affection pour ce coin désertique. Je ne la partage pas, mais je peux la comprendre. Je peux même avoir de la sympathie pour elle. Cette région est… presque sublime. Cet espace, cette majesté. Ce majestueux espace qui domine tout. Et pourtant… ce n’est pas tout à fait humain, hein ? Je veux dire par là que ce n’est pas tout à fait conçu pour la vie humaine. C’est un pays fait pour les dieux, peut-être. Pas pour les hommes.

Il se leva lentement, décoinçant et étirant lentement son mètre quatre-vingt-huit de carcasse sous mon regard béat d'admiration. Son costume en gabardine était poussiéreux et fripé, sa cravate était desserrée, son chapeau neuf montrait déjà des tâches de sueur, mais il avait toujours l'air d'un gentleman et d'un vrai homme de l'Ouest. J'aurais voté pour lui les yeux bandés.

Quelle importance le temps peut-il avoir pour un rancher que l'on est en train de dépouiller de sa passion ?»

dimanche 5 mars 2017

Par-delà les ténèbres blanches***** de Tidiane N'Diaye


Éditions Gallimard, collection Continents Noirs, septembre 2010
149 pages

Quatrième de couverture


Président Pieter Botha : «Il faudra utiliser la nourriture en tant que support du génocide que nous allons perpétrer à l'encontre des nègres. Nous avons développé d'excellents poisons qui tuent à petit feu (poisons à mettre dans la nourriture) et qui possèdent, en plus, la vertu de rendre stériles les femmes.» 
En Afrique du Sud, donc, l'action de résistance des Noirs opprimés a fait face à la répression féroce, sournoise, ouverte et bestiale des Blancs. Mais quelles sont les origines véritables de ce drame sanglant où se reflète avec horreur l'humaine engeance? 
Au moment où les leçons de l'Histoire invitaient au catastrophisme, le combat d'un homme, Nelson Mandela, a déjoué tous les pronostics. Ce grand humaniste accomplira l'exploit, unique au XXe siècle, de permettre à des millions d'individus depuis toujours tourmentés par une haine blanche et noire de se réconcilier au mieux, en indiquant le chemin vers une nation arc-en-ciel. 

C'est en anthropologue, spécialiste des civilisations négro-africaines et de leurs diasporas, que Tidiane N'Diaye – dont l'œuvre est traduite et fait débat dans le monde entier – dénoue ici, avec simplicité et brio historique, la complexe épopée sud-africaine, entre migrations croisées, nazisme tropical et rayonnante tolérance d'un homme qui donne à voir l'homme au-delà de sa peau et de ses pouvoirs.


Mon avis ★★★★★


Une enquête historique sur l'Afrique du Sud d'une précision et d'une clarté remarquable.
De témoignages révoltants en descriptions à la limite de l'horreur, l'auteur nous embarque dans un récit poignant et vertigineux sur le racisme et la discrimination raciale, sur les conflits qui se sont abattus sur l'Afrique du Sud, sur l'occupation coloniale en passant par la mise en place de l'apartheid et de ses pires années avec Botha au pouvoir, puis l'arrivée de Frederik De Klerk à l'origine de la transition démocratique assurée conjointement avec Nelson Mandela, icône de la lutte de la libération noire.
Il nous donne tous les éléments historiques pour comprendre l'histoire africaine du Sud, des Chinois qui découvrent l'Afrique du Sud, de la création de premiers comptoirs hollandais, de l'arrivée des protestants français et néerlandais, fuyant les persécutons dans leurs pays, des combats menés par les boers et par Chaka zoulou face à l'occupation britannique, des oppositions musclées des différentes communautés (bantous, boers, anglais) et de la «politique indigène» mise en place par le Royaume-Uni. 
L'auteur illustre ses propos par de nombreuses citations, extraits de discours, l'analyse est fluide, d'une précision chirurgicale. 
Il évoque les combats menés par les différentes associations, comme le South African Native Nation Congress, ou l'ANC (African National Congress) association inspirée par Ghandi, par des hommes, tel que Madiba, l'icône de la lutte de libération noire, contre le racisme.
Il nous parle de racisme scientifique qui avait fini par imprégner les esprits d'un grand nombre d'intellectuels. 
«Le darwinisme social offrit ainsi à la puissance victorienne un fondement prétendument scientifique, qui légitimait le racisme et la discrimination.»
«En Afrique du Sud l'infériorité des Noirs était systématiquement théorisée par les colons. Ils prétendaient que les Bantous occupaient les derniers degrés de l'échelle évolutive des peuples.»
Il nous remémore le terrible conflit qui opposa les colons anglais et les Boers entre 1899 et 1901, et dont les lieux de détention qui ont vu le jour à cette occasion rappellent les camps hitlériens, dans lesquels les détenus Boers étaient entassés dans des conditions lamentables. Certains passages sont terribles, à vous retourner l'estomac.
«C'était plus qu'une guerre : ce fut une tentative d'extermination de la population boer, sans parler des souffrances des Noirs. Ce sont ces événements qui permettent de comprendre les conflits raciaux qui, par la suite, ont ensanglanté ce pays d'Afrique du Sud.»
J'ai beaucoup apprécié les passages parlant de Chaka, personnage que je connaissais de Civilisation IV (merci William !) et de son refus d'accepter l'occupation coloniale.
«Chaka était de ces hommes charismatiques qui, au XIXème siècle, avaient décidé de dire non à l'occupation coloniale de leur pays. Ils refusaient toute forme d'oppression et ce qu'ils considéraient comme une tentative d'aliénation culturelle.»
«Je regarde les peuples et ils tremblent. Voilà pourquoi je ressemble à ce grand nuage où gronde le tonnerre. Alors mon peuple qui me ressemble et s'identifie à moi s'appellera Zoulou,  c'est à dire les fils du ciel.» C'est par ces phrases que Chaka proclama officiellement, en novembre 1820, la naissance de la nation zouloue.» 
«Pour les Sud-Africains, Chaka représente toujours celui qui a forgé l'âme de la résistance à l'invasion étrangère. Mythe ou réalité, il est même devenu, à tort ou à raison, le symbole de la grandeur, voire d'une certaine fierté des peuples noirs. Pourtant le souverain zoulou n'était pas que ce héros, bâtisseur de nation et révolutionnaire social. Il était aussi l'homme ordinaire poussé à ses extrêmes qui a révélé tout ce qu'il avait de bestialité inspirée et de démesure. S'il fut incontestablement un génie militaire visionnaire et un grand rassembleur, l'homme n'en demeurait pas moins, quels qu'aient été ses objectifs, un impitoyable cavalier nègre de l'apocalypse. Chaka a associé son nom à ceux qui évoquent les carnages et la brutalité.»
Cette analyse de l'histoire sud-africaine, nous amène à comprendre que l'histoire de ce pays ne se résume pas en une lutte des Noirs contre les Blancs, qu'elle est bien plus complexe. 
Ce récit est un bel hommage à Nelson Mandela, qui a permis l'émergence d'une Nation arc-en-ciel, d'un peuple sud-africain, «Nous, le peuple d'Afrique du Sud». Il défendait un nécessaire rapprochement de tous les Sud-Africains sans distinction ethnique, il avait compris le danger qu'il y avait à se définir par rapport aux circonvoisins, à s'enfermer dans l'idée d'être uniquement noir et victime, sans chercher à ce qui pourrait bien rapprocher de l'autre, tout en conservant sa nature et son intégrité.
«Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l'étroitesse d'esprit.»
«Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J'ai lutté contre la domination blanche et j'ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique, dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales.» 
«Être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.»
« Le nouvel hymne national, Nkosi Sikelel'i Afrika, traduit dans les onze langues officielles du pays dit : De nouveau, à l'histoire blanche, l'histoire noire ne se substitue pas, elle s'y ajoute.»
Une exploration très appréciable et instructive, avant de débarquer en Afrique du Sud dans quelques semaines !
«Wat is verby, verby ... Ce qui est passé, est passé.»
«Ce système généralisé de l'apartheid, ses horreurs carcérales et ses lois niaient tout simplement le principe même sur lequel s'ouvre la Déclaration universelle des droits de l'homme. Mais le pouvoir blanc de ce pays n'en avait cure. Pour les plus extrémistes des Afrikaners, le Noir était l'«autre». [...] Par leur manière d'être, leur mode de vie et leurs croyances religieuses d'un autre temps, ces Afrikaners refusaient de comprendre que l'unité du genre humain est un fait et pas seulement un droit. Leurs compatriotes des autres ethnies avaient beau partager le même univers qu'eux, voire la même religion, et cela depuis des générations, ils se voyaient toujours ramenés à une identité réduite à la couleur de la peau et à une civilisation méprisée parce que différente. Comme si une distinction ou une différence était forcément discriminatoire. En fait ce qui entretenait l'obsession du pouvoir des ces Afrikaners et faisait le ciment de leur racisme était invariablement la peur de la différence. Comme la différence engendre elle-même la peur et l'agressivité, celles-ci se renforcent mutuellement dans une spirale infernale. Leur attitude était l'antithèse même de la cohabitation et du dialogue qui auraient pu conduire leur pays sur la voie d'une vie commune, basée sur ces valeurs universelles qui structurent toute société moderne.»
La seule représentation connue de Chaka, esquisse de James King de 1824.


 «[...] les colons firent expédier en Europe Sawtche, une jeune fille de l'ethnie des Khoï. Rebaptisée Saartje Baartman et surnommée la Vénues hottentote, elle sera exhibée en Angleterre, en Hollande et en France comme bête de foire, du fait de sa morphologie hors du commun. Ses caractéristiques physiques devaient tenir un rôle majeur dans les débats anthropologiques et les définitions raciales élaborées en Occident au XIXème siècle.»
Monument national du Grand Zimbabwe,
il connut son essor entre le IXème et le XVème siècle.
«Ses structures sont, avec celles de l'Egypte et de la Nubie, les plus imposantes découvertes architecturales de l'Afrique.»
Le site est classé patrimoine mondial de l'Unesco, véritable Acropole africaine.
«Les enceintes sont composées de moellons de granit sans mortier.
Ses ruines dominent de quatre-vingts mètres la savane environnante. Elles sont entourées de collines, sur lesquelles d'autres constructions de même nature ont été bâties.»