mercredi 15 avril 2026

Instantanés Paris ★★★★☆ de Clara de Brunier et Marie-Athénaïs Hénin

Un bel ouvrage qui rassemble des photos capturées par des « chasseurs d’images », des internautes au regard affûté.
Au fil des pages, se dévoile un Paris pluriel : ses toits, ses bouches de métro, ses parcs, ses monuments, mais aussi ses habitudes et ses gourmandises. Autant de clichés singuliers qui composent une mosaïque vivante de la capitale.
Des images qui donnent envie de partir flâner, là, tout de suite, au détour d’une rue ou d’un jardin.
J’aime moi aussi arpenter Paris, ses rues et ses parcs, appareil photo en main. Le mien regorge de fragments de cette ville lumière, saisis au fil des pas.
Un ouvrage à feuilleter pour le simple plaisir des yeux et pour raviver l’envie de regarder autrement notre belle capitale.

Avant-Propos
« À l'évocation de Paris, quelles sont les images qui jaillissent dans votre esprit ? Est-ce que ce sont vos propres souvenirs votre première visite du Louvre, le goût d'un croissant croqué encore chaud ou les images d'Épinal figées sur les cartes postales et dans les livres de géographie ? Certains se laisseront envahir par une ambiance, celle du brouhaha des écoliers qui prennent d'assaut les jardins et les squares à l'heure du goûter, quand d'autres définiront la ville par ses petites adresses secrètes une cour dérobée aux yeux des passants, cachée derrière le haut porche d'un hôtel particulier.
« Quand on sait voir, on retrouve l'esprit d'un siècle et la physionomie d'un roi jusque dans un marteau de porte », écrit Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris. A travers chaque rue, les empreintes des siècles passés nous racontent l'Histoire de France, Ici ou là des vestiges de Lutèce, cité encore timide, vivant au rythme du fleuve ; plus loin les tours avant-gardistes qui côtoient les rigoureuses façades haussmanniennes. Lutèce s'efface, la ville se déploie de part et d'autre de la Seine que l'on enjambe en empruntant ses ponts de pierre.
La grammaire des façades raconte l'expansion continue de la cité depuis son noyau historique jusqu'à ses nouveaux quartiers. Chacun des vingt arrondissements est un village avec son identité propre. Montmartre, Belleville, Ménilmontant, autrefois communes aux portes de la ville, ont su garder leur tempérament quand elles lui ont été ralliées. 
Les rives droite et gauche se disputent le titre de vrai Paris avec la Seine pour arbitre,. ondulant entre les deux berges ses eaux chahutées. Il n'est pas rare d'entendre un Parisien s'exclamer: Mais chez toi, ce n'est pas Paris!, défendant ainsi l'esprit de son quartier vraiment parigot. On oppose souvent le Paris gouailleur, bruyant, presque paresseux au Paris élégant, policé... dandy ! Pourtant si contradictoires, les Parisiens se retrouvent unanimement à la boulangerie pour attraper une baguette - bien cuite ou pas trop cuite ! D'une photogénie exceptionnelle, la Ville Lumière est sublimée au cinéma, exposée dans les galeries, décrite dans la littérature et une muse perpétuelle pour les photographes amateurs et professionnels qui s'emparent de ses multiples visages. Les clichés abondent sur Internet où l'on peut y admirer une ville capturée pour sa gastronomie, son architecture ou son histoire. Et si nos yeux émoussés par le fleuve ininterrompu d'images publiées n'y prêtent pas nécessairement attention, chaque photo est comme une pièce d'un puzzle qui rend compte de ce qu'est Paris aujourd'hui.
Après Marseille, Bordeaux et La Ciotat, Paris méritait que l'on mette en lumière la multitude
de ses physionomies. En préparant ce livre, nous avons emprunté le regard de centaines de photographes qui défient tous les jours le temps en saisissant l'immédiat. Nous avons dévalé les escaliers du métro jusqu'aux entrailles de la terre et grimpé jusqu'à la canopée des toits en zinc. Nous avons partagé les trottoirs avec les Parisiens pressés et les touristes flâneurs. Nous nous sommes abritées aux terrasses des cafés pour attendre que la pluie daigne nous rendre les trottoirs inondés. Nous avons admiré les façades depuis la Seine ou les chaises volantes des Tuileries. Que chacun de ces chasseurs d'images soit remercié pour son instinct et sa vivacité. Car si nous avions en tête de ne retenir que des clichés singuliers et paradoxalement typiquement parisiens, c'est grâce à leur coup d'œil que nous avons pu composer ce livre.
Figer Paris dans un ouvrage, c'est oser bousculer sa représentation, la troubler peut-être. Tourner les pages de ce Paris Instantanés, ça n'est pas être à la recherche de ce que l'on connaît, mais accepter de se laisser surprendre.
Belle traversée !
CLARA DE BRUNIER & MARIE-ATHENAÏS HÉNIN »

« Le sens de la fête. Les Parisiens s'exaltent tout à fait aux premières notes de la fête de la Musique qui donnent le ton des semaines à venir. Chaque place devient une scène éphémère que se partagent profanes et musiciens. Paris est une fête, s'exclamait Ernest Hemingway. Surtout l'été, donc ! Les festivals musicaux investissent les pelouses et les terrasses des cafés débordent sur les trottoirs. Se forme alors une marée heureuse qui savoure les jours qui s'allongent. Les quais de l'île de la Cité, très prisés, deviennent l'adresse incontournable pour un pique-nique au bord de l'eau. Et vient le 14-Juillet, le drapeau tricolore flotte depuis les frontons des monuments jusqu'aux chaises volantes des Tuileries. Le traditionnel défilé militaire résonne sur les pavés tandis que dans les airs vrombissent les avions de la Patrouille de France. L'arrivée des coureurs du Tour de France sur les Champs-Élysées marque le point d'orgue des festivités puisque dès le lendemain Paris ralentit. Les rames de métro et les rues se vident. Les Parisiens partent en vacances. Paris se vit alors au fil de l'eau, allongé dans les transats installés sur les rives de Seine, le long du canal ombragé ou bien encore au pas de course sur les quais. La fraîcheur du fleuve contraste avec l'étuve des rues adjacentes. Fin août, Paris fourmille de nouveau, la rentrée approche, les retrouvailles s'arrosent en terrasse. Et pour retenir l'été, les Parisiens s'offrent une pomme d'amour à la fête foraine. »

« Flirtant avec les berges, les croisières sur la Seine permettent d'admirer les plus beaux monuments de Paris sous un angle absolument unique. Outre le plaisir de musarder, les matelots d'une heure scrutent la vie parisienne au fil de l'eau. »

« Institution germanopratine depuis 1887, repaire des plus grands artistes du siècle, le Café de Flore est sans aucun doute le plus littéraire des cafés parisiens. »

« Les lumières de la ville. L'automne embrase Paris. Les arbres s'enflamment délicatement d'abord, par petites touches de jaune, laissant encore intactes les coupoles de feuilles épaisses. Puis le rouge empourpre les rues et les avenues de la capitale. La frondaison se dégarnit, alors la lumière s'immisce dans les branchages et fait flamboyer les façades parisiennes. Le spectacle du soleil qui, déclinant, teinte les pierres blondes est absolument divin. Et ils ne s'y trompent pas ceux qui savourent les températures encore délicieuses des derniers jours de septembre. Mais soudain l'horizon s'assombrit, une ondée disperse les promeneurs. Les photographes craignent de noyer leur appareil. La chaussée est un miroir, les gouttes accrochées aux toutes dernières feuilles des arbres dégringolent sur les parapluies. Alors sous les portes cochères, dans le métro ou les bistrots, chacun cherche un abri. L'averse est passée, le soleil étincelle de nouveau sur les pavés mouillés. Les regards se tournent vers le ciel qui, désormais dégagé, se pare de lueurs rosées parfois violacées. Les vélos qui avaient attendu toute la journée reprennent leur ballet. L'essaim de cyclistes s'élance, le soir est proche. Il est temps de rentrer avant la nuit. »

« Drôle de baromètre ! Noyé dans l'épais feuillage, le réverbère refera surface à mesure que les feuilles tomberont, annonçant l'hiver : Pour le moment, c'est l'automne qui s'amuse à faire rougir la vigne vierge. »

« Le Louvre, musée de tous les superlatifs ! Ancienne demeure des rois de France, le palais aux 403 pièces fut métamorphosé en musée après la Révolution française. Depuis 1985, la façade classique flirte avec la pyramide de verre de Ming Pei. »

« Conte d'hiver. Paris se pare et se décore. Les guirlandes scintillent, les sapins embaument les rues, Noël est partout. Les petits Parisiens se serrent devant les grands magasins pour rêver face aux décors extraordinaires et animés des vitrines. En approchant d'eux, on peut entendre la symphonie de leur émerveillement. Le froid s'infiltre partout et il n'est pas rare de voir le haut de la tour Eiffel disparaître dans le brouillard, Alors emmitouflés dans d'épaisses et moelleuses couches d'écharpe et de bonnet, les promeneurs se réfugient dans les galeries couvertes ou flânent de librairies en bouquinistes pour dénicher un bon roman. Dès que la neige blanchit Paris, chacun se précipite pour être le premier à y laisser ses empreintes. L'ambiance ouatée réjouit alors tous ceux qui peuvent immortaliser Paris saupoudré de blanc. Dans les cafés, les machines fument. Ils sont nombreux aujourd'hui à s'être réfugiés dans la chaleur des brasseries; les habitués au comptoir avalent leur petit crème, tandis que sur les banquettes on déguste un chocolat chaud. Les mouettes ricanent au-dessus de la Seine, où sont partis les pigeons ? Après les frimas, le printemps s'apprête. La pluie arrose abondamment les bourgeons. Et quand la Seine se gonfle et déborde, les bottes en caoutchouc viennent barboter pour admirer le spectacle de l'eau qui pourlèche les voies sur berges. »

Quatrième de couverture

S'il est une ville au monde dont le seul nom suggère une infinité d'images, c'est Paris. On peut y habiter, être touriste d'un jour ou ne jamais y avoir mis les pieds ; on a tous une idée de ce que nous évoque la Ville Lumière. L'instantanéité et la spontanéité des réseaux offrent ce tableau composite et unique et Paris Instantanés propose de le découvrir. Plus de 100 photographes professionnels ou amateurs ont accepté de prêter leurs images pour donner à voir plus de 250 photos inédites, surprenantes, clichées ou totalement décalées, mais toujours vivantes, des couleurs, des rues, des places, des plus beaux monuments et de l'âme de Paris.

Clara de Brunier et Marie-Athénaïs Hénin sont parisiennes, amoureuses de leur ville, de l'image en général et des images de leur ville en particulier.

Clara de Brunier travaille dans l'édition de livres d'art à Paris depuis plus de quinze ans, spécialisée dans la communication et la communication digitale, elle pose un œil aguerri sur chaque photo qui croise son regard.

Marie-Athénaïs Hénin vit de sa plume. Créatrice de contenus, elle aime rencontrer et écrire pour les autres, et propose des portraits de personnalités ou d'inconnus. Pour cet ouvrage, c'est la première fois qu'elle dresse le portrait d'une ville... La Ville Lumière.

Éditions Hervé Chopin,  septembre 2024
221 pages
Version anglais/français 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire