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jeudi 29 octobre 2026

Liberty ★★★★☆ de Arnaud Rozan

Merci à Babelio et aux éditions Récamier pour cette Masse critique et la découverte de Liberty d'Arnaud Rozan.

New York, 1947. Assa a huit ans lorsqu'elle perd sa grand-mère, la seule famille qu'elle ait connue. Recueillie par quatre vieilles femmes vivant sous un pont, elle entame un parcours qui la mènera de Harlem jusqu'au Nouveau-Mexique, à la rencontre d'autres peuples, d'autres mémoires meurtries. C'est Liberty, l'une de ces femmes, qui prend la plume pour raconter Assa, et ce choix n'est pas anodin car il pose la question du droit de raconter l'histoire de l'autre.
« Mais la mémoire ne laisse pas libre : c'est elle qui décide de revenir quand bon lui semble, et de garder un bout de ceci, un bout de cela. »
Mama Holly, la grand-mère d'Assa, choisit de la protéger en ne lui disant rien de son passé, convaincue qu'il vaut mieux rêver à la suite que s'encombrer d'une mémoire pleine de nœuds. Une intention tendre, mais qui laisse l'enfant seule face à ses questions. Il reste pourtant à Assa un fil précieux : la courtepointe cousue par sa grand-mère. Sous ses points, elle entend encore « N'oublie pas de rêver ». Un objet fait de morceaux, qui garde ce que les mots n'ont pas dit et accompagne Assa dans sa quête, jusqu'à Acoma. Elle apprend aussi très tôt à cacher ses sentiments et à ne pas s'attacher. Dans un monde où sa peau suffit à faire d'elle une cible, la méfiance devient une armure, mais une armure qui tient les autres à distance.

Le roman traverse les décennies, de la ségrégation aux mobilisations contemporaines, et mêle le merveilleux du conte à la brutalité du réel. Il y a de belles images, une vraie poésie et des moments de respiration qui font du bien au milieu de la violence.

Je dois pourtant avouer que j'ai parfois été tenue à distance. Les époques, les combats et les références se superposent, et certaines idées semblent prendre le pas sur les personnages. J'aurais aimé rester davantage auprès d'Assa, dans les replis de son histoire, plutôt que de voir le récit s'élargir aussi vite.
« Tant qu'on peut raconter, on est en vie, on s'arrache à la mort, l'histoire continue. »
Raconter pour que les voix ne disparaissent pas, même si les histoires que l'on transmet restent fragmentaires, incomplètes, parfois difficiles à saisir.

Un roman ambitieux et sensible, qui interroge notre rapport à la mémoire et à la transmission. Si vous aimez les récits foisonnants, même lorsqu'ils débordent un. peu, n'hésitez pas !

« C'était le moment de s'asseoir sur les vérandas au bord de la route. C'était le moment d'écouter ce qui vient et de parler. »
Zora Neale Hurston, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu 

« L'âme réveillerait-elle sa voix pour de vrai? Et les battements de son cœur lorsqu'elle se blottissait dans ses bras ? Et la goutte de violette ? «  Une puce qui saute dans ton cou », s'amusait Mama Holly. La sentirait-elle encore avec cette âme ? Et les petites fâcheries des mauvais jours, les miettes par terre, la confiture sur l'abat-jour rose, ces riens-là, où se déposaient-ils? Et ses ritournelles chéries : Je suis une femme qui vagabonde, J'ai l'esprit voyageur²...
Dans l'âme ?
Mille petites choses bien fragiles...
Reviendraient-elles jamais telles quelles ? «  N'oublie pas de rêver », lui rappelait Mama Holly en lui montrant la courtepointe. «  Si tu sais rêver, tu pourras tout faire ! » Avec cette âme, ces paroles-là, les entendrait-elle encore ? »
2. Clara Smith, « The Land N Blues », « I've got a ramblin' mind ».

« Sur son passé, il y avait des choses qu'Assa aurait aimé apprendre. Qui sont mes parents ? Où suis-je née ? Plus d'une fois, elle posa ces deux questions à sa grand-mère avant qu'elle ne meure.
- Écoute-moi, ces histoires n'intéressent que les gens malheureux. Toi, es-tu heureuse avec moi ? disait Mama Holly.
- Oh oui ! assurait l'enfant.
Oh que oui, elle était heureuse, hormis cette peur, sa peau qui la tracassait, parfois des accès de solitude.
- L'important, c'est de rêver à la suite ! Si tu es heureuse, inutile de t'inventer une mémoire pleine de nœuds.
Ce serait un fardeau dans ta vie. D'ailleurs, que t'apprendre  ? Je n'ai aucune réponse.
Et jamais sa grand-mère ne lui fit de révélations sur des parents lynchés, des frères tabassés à mort par la Légion noire', des sœurs enfermées dans des asiles, ou toute une lignée détruite après des morts violentes...»
1. Organisation paramilitaire fondée dans la mouvance du Ku Klux Klan. 

« Lorsqu'elles atteignirent le foyer, Assa n'entendit plus la rivière, comme si elle avait été bue à grands traits par le Moulin. Des sauterelles jaillirent d'un massif de potentilles. Un épervier se tenait immobile dans le ciel. »

« Des idées, tout cela... Tuer en pensée lui fit beaucoup de bien. Assa s'arrangea un jour pour être de corvée de vaisselle avec la fille, et elle eut le cran nécessaire pour se venger: ses dents se plantèrent dans son bras avec une telle rage que la morsure laissa une marque noire pour longtemps. Sa victime se tordit de douleur mais ne dénonça pas la responsable. Assa était devenue « l'arracheuse de peau ». Personne ne l'embêta plus. C'est ainsi qu'elle reprit une vie tranquille, deux leçons en tête: il importait de savoir mordre au moment voulu, oublier de rêver et faire de soi un cauchemar. La tranquillité pouvait être à ce prix. Et elle acquit aussi la conviction qu'il fallait dissimuler ses sentiments, ses possessions. S'attacher à quelque chose, c'était donner prise. »

« Mais ses défenseurs étaient nombreux. Lui parvinrent un bulletin d'adhésion de la NAACP¹ et des exemplaires de The Crisis. Elle fut abonnée d'office à cette revue. Les articles l'ennuyaient passablement, mais dans chaque numéro, elle épluchait la rubrique du « Coin des livres » et leurs recensions. C'est ainsi qu'elle avait commencé à s'intéresser au mouvement de l'Harlem Renaissance². The Crisis mettait toujours à l'honneur un ou deux ouvrages. »
1. Organisation de défense des droits civiques.
2. Mouvement afro-américain artistique et intellectuel de l'entre-deux-guerres, essentiellement dans le quartier d'Harlem à New York. 

« Que faire ? Il n'existait pas de remède pour soigner les plaies d'une agression raciste. »

« Et puis il y eut les événements du printemps 1967. Annonciateurs du « long et chaud été¹ ».
Jusqu'alors, l'université était une vieille dame qui couvait paisiblement. Howard n'avait jamais été secouée de protestations d'ampleur, si ce n'est au cours du mois de décembre 1934 où des étudiants s'étaient mis un nœud coulant autour du cou parce que les organisateurs d'une conférence sur le crime avaient refusé d'inscrire le lynchage à leur programme.
En dehors de cette action d'éclat, Howard n'avait connu que de rares poussées dénonçant la mollesse de l'administration sur la lutte pour les droits civiques. Depuis trois décennies, cette critique n'avait guère ras-semblé qu'une poignée d'étudiants. Sans commune mesure avec le mouvement qui échauffait les esprits ces derniers mois de fortes têtes avaient créé un groupe remuant, le SNCC². »

1. Le Long Hot Summer désigne l'été au cours duquel une série d'émeutes survinrent dans plusieurs grandes villes des États-Unis, Newark, Détroit, New York, et firent des dizaines de morts et des centaines de blessés.
2. Le Student Non violent Coordinating Committee, l'un des principaux mouvements étudiants afro-américains dans les années 1960. 

« Le champ de bataille de l'homme noir c'est en Amérique ! Pas au Vietnam ! »

« Robin lui envoyait régulièrement de ses nouvelles. Et ne manquait pas de lui mettre un mot sur ses derniers faits d'armes.
Elle ne désespérait pas de la recruter un jour.
Robin était un soldat. La ligne de couleur¹, une ligne de front.
Assa lui répondait, mais jamais sur ce point. Les mani-festations, les lances à incendie, les chiens, les barricades, les matraques, les arrestations... Très peu pour elle. Assa avait déjà ses cicatrices.
Au fil de ces années, elle s'employa à ce que la vie continue sur un droit chemin. Et à ne pas s'en écarter malgré les coupures, plus irrégulières, mais qui récidivaient où qu'elle aille. »
1. Expression popularisée par W. E. B. Du Bois, dans Les Âmes du peuple noir. La « ligne de couleur » sépare quartiers, écoles, commerces, transports, etc.

« Mais la mémoire ne laisse pas libre : c'est elle qui décide de revenir quand bon lui semble, et de garder un bout de ceci, un bout de cela. Rose se rappelait à elle. »

« Le voyage est un matin. L'attente confuse de quelque chose. »

« Il faut toujours se souvenir des vieilles personnes, et avoir mille pensées pour elles. L'amour s'y tient debout. »

« Tant qu'on peut raconter, on est en vie, on s'arrache à la mort, l'histoire continue.
Les veilles d'ouragan, le ciel se nettoie pour faire de la place. »

« On parle de s'approprier les histoires des autres, mais il n'est pas simple d'entrer en soi. Nous sommes des maisons. Dans un retrait.
« Assa, raconte-nous. » »

« Tout ce malheur pour avoir crié que je n'étais pas noire.
C'est façon de le dire.
Les histoires de peau, ce sont des spirales. »

« Le président Obama a parlé, Trayvon', il aurait pu être moi, il y a trente-cinq ans. »
1. Trayvon Martin, adolescent afro-américain tué le 26 février 2012 à Sanford, en Floride, par George Zimmerman, un membre d'une patrouille de quartier. La mort de Trayvon Martin a provoqué une onde de choc aux États-Unis. 

« « Our lives matter¹ », reprend-elle d'une certaine Alicia Garza. Les réseaux sociaux sont surveillés, et dès le signal, les rues autour de Times Square se peupleront de policiers et de soldats. »

« « Mourons ! », lancent plusieurs filles en fermant les yeux.
Une heure se passe.
Elles sont environ trois cents à mourir. Le poste de secours n'est pas en reste au pied de la statue du père Duffy¹. Un médecin commande quatre secouristes volontaires, comme la règle l'exige pour tout rassemblement de ce genre.
On espère que les employés d'astreinte dans les tours seront abasourdis par la scène, et que derrière les baies fumées, ils immortaliseront l'immense champ de mortes.. Depuis les tombes, on attend beaucoup de ces yeux là-haut, on attend qu'ils répandent ce qu'ils voient, on attend d'eux une diffusion virale sur les téléphones.
Il paraît que le sang parle aux gens. »
1. Statue située dans le triangle nord de Times Square.

« Pale Male, une femelle faucon pèlerin, illustre depuis la campagne « Bring Back the Nest¹ » en 2004 : de riches rési-dents de la 5º Avenue projetaient de détruire son nid, la buse vagabonde n'ayant pas choisi le coin le plus cochon pour s'établir, une corniche de Millionaires' Row. Les protestations ont eu gain de cause : il y eut d'abord le défilé de quelques-uns et une première page dans Daily News; puis ce fut l'emballement, presse du matin, presse du soir... Une sans-abri de plus! Des indignés se sont mis en marche et leur troupe a grossi de jour en jour. Elle est intouchable désormais. À New York, elle est devenue un emblème, une sœur de l'aigle à tête blanche, et il se pour-rait qu'un jour on la retrouve sur un sceau de Grosse Pomme. Dès qu'elle paraît dans le ciel, une foule s'agglutine et ne se tient plus. Amazing ! Elle fait autant salle comble que les Sorcières d'Oz à Broadway. Les télescopes et les jumelles sont à l'affût, on la surveille en paparazzis. »
1. « Rendez le nid. »

« La peur change avec l'âge quand l'autre monde vous aspire.
Un désordre, et l'on voit des choses épouvantables.
Elle s'imagina la prison, que lui voulait-on ?
Elle fut prise de frissons, ses yeux de petite vieille pleurèrent, trois grosses larmes bien apparentes, et le commandant, avec sa gentillesse, ne pouvait que les remarquer. II ne broncha pas.
Et la peur irrationnelle, c'était le regard de cet homme, un regard complexe, un mélange de cœur et d'insensibilité, inextricable. Deux impressions se succédant, comme ces papillons à reflets changeants, un regard bleu et doux, et en une microseconde, un regard bleu et froid, presque cruel. Pour peu, cet homme l'aurait réconfortée dans ses bras, alors que c'était lui qui la tourmentait! Sa voix aussi était douce, posée, rassurante. « Comment vous sentez-vous ? » Quelle sollicitude... Il devait pourtant s'apercevoir qu'elle était terrorisée. Pourquoi ce menottage ? Elle n'allait pas s'enfuir en courant ! Elle n'était qu'une petite vieille, inoffensive, avec la peau sur les os. Et six soldats lourdement armés l'entouraient. Munis de leurs boucliers antiémeutes. »

« C'était jadis. Ce mot désuet, c'est façon de dire que le passé peut avoir quelque chose de plus lointain que le passé lui-même : jadis sonne plus calme, il sent la poussière retombée, une poussière moins noire, vue à la lumière d'une persienne. Ce jadis, il a des airs de conte, il chanterait presque entre les claires-voies. »

« « Calme-toi, ma douce, la peau ne pleure plus ici. Remets-toi donc debout, c'est de l'histoire ancienne. II ne me reste que quelques taches. »
« Des taches ? », bredouille-t-elle.
Et maintenant, voilà qu'elle ne comprend pas de quelles taches je parle! Elle ne les voit pas, comme si elles n'existaient pas !
À mon tour d'avoir la bouche grande ouverte.
Elle ne remarquait rien. Larry au-dessus du ventre, Vivian sur ma nuque, Charles contre la hanche, Randolph sur l'épaule, Michael dans le bas du dos, Tree et Delisha sur mon bras, Phillip dans le cou, et Eric sur le côté.
À dire vrai, mes taches, je le sais, elles ne sont pas si faciles à voir, je sais que j'ai été folle plus d'une fois en pensant à Rose.
Pauvre Robin ! Plutôt que de l'ennuyer avec mes histoires de taches, je lui ai proposé d'aller cueillir nos premières framboises. Par ce beau et chaud soleil, elles deviennent de grosses gouttes rouges qui sont un régal. Robin était moins pâlotte après en avoir avalé une poi-gnée. Elle sanglotait toujours. « Ma Robin, je suis heureuse », ai-je dit.
Et j'ai pleuré à mon tour.
Et cette fois-ci, mon cœur n'a pas eu de raté, je l'ai serrée très fort contre moi pour la première fois. Cela m'a fait tout drôle.
Nous nous sommes assises, elle a posé sa tête sur mes genoux. »

Remerciements (extrait) 
Le moment est aussi venu de remercier toutes celles qui ont été une source d'inspiration, Faith Ringgold, Angela Davis, Bell Hooks, Kimberlé Williams Crenshaw, Patricia Hill Collins, Aude Lorde, Zora Neale Hurston, Alice Walker, Maya Angelou, Harriet Tubman, Bessie Smith, Tony Morison, et toutes leurs sœurs...
Merci à Georgia O'Keeffe qui m'a prêté ses os, merci aux murs de Ghost Ranch et aux Kachinas veilleuses.
Et toute ma reconnaissance à Lady Liberty sur son île de la baie de New York.

« Le conte de fées rassure, donne de l'espoir pour l'avenir et contient la promesse d'une conclusion heureuse. »
Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées 

Quatrième de couverture

Assa, la première fois que je l'ai vue, elle se penchait au-dessus du vide : elle avait à peine huit ans et voulait se supprimer. L'existence n'était déjà plus rien pour elle ?

New York, 1947. Assa a huit ans lorsqu'elle perd sa grand-mère, sa seule famille. Elle redoute l'orphelinat, lieu où on arracherait la peau des enfants comme elle.

Dans un monde obsédé par la couleur de peau, la jeune fille va déjouer le destin pour écrire sa propre histoire.

Recueillie par quatre femmes âgées vivant sous un pont - parmi lesquelles Liberty, la narratrice elle entame un long parcours initiatique qui la mènera de Harlem à l'université, jusqu'au Nouveau Mexique.

Confrontée à d'autres récits fondateurs, à d'autres mythologies, une question centrale habite Assa : qu'a-t-on le droit de raconter, de transmettre, de s'approprier ?

En mêlant le merveilleux du conte à la brutalité du réel, Arnaud Rozan révèle une histoire longtemps invisibilisée :

celle des Afro-Américains et des peuples autochtones, victimes de la dépossession, de la désappropriation et de l'acculturation.

Arnaud Rozan travaille dans le secteur public sur les questions sociales. Liberty s'inscrit dans la lignée de L'Unique Goutte de sang (2021, Plon) et Mémoires de maisons blanches (2023, Plon) ses deux premiers romans -, qui explorent les mécanismes de la haine et de la violence à travers l'histoire des États-Unis et les trajectoires individuelles.

Extrait
Assa savait qu'à la minute où elle annoncerait que sa grand-mère ne respirait plus, les services sociaux l'enverraient dans un orphelinat, là où on arrachait la peau des enfants de son espèce avec une pince. D'affreux ouï-dire que sa grand-mère n'avait pas contestés, bien au contraire.
Cette horreur lui tourmentait l'esprit.
Les gens ne voyaient que sa peau et rien d'autre...
Le noir.
Je m'appelle Liberty, je suis née à New York, et avec mes sœurs, nous nous retrouvons autour d'une braise en contrebas du George Washington Bridge, à l'écart de Lenox. Nous y partageons une soupe et nos souvenirs. Nous avons l'âge de la mort, mais je prends la plume avant que le temps ne me manque. Pour vous raconter une histoire de vieille femme qui n'appartient plus au monde: je veux parler des peines et des joies d'Assa. On me le reprochera. On me dira que je n'avais pas à m'emparer de sa peau. Eh bien, qu'on vienne me la reprendre !

À propos de ses précédents romans

«  Un roman magistral, à l'écriture puissante, qui trouve bonne place dans cette rentrée littéraire. À lire absolument. » Page des Libraires

« Un authentique chef-d'œuvre, dont la maîtrise et la construction narratives gardent le lecteur en haleine tout au long de cette terrible chasse à l'homme. » La Dépêche

« Une histoire magistrale. » La Montagne

« Un voyage entre passé et présent, bien et mal, sans manichéisme et plein de grâce. » Psychologies Magazine

Éditions Recamier,  mai 2026
283 pages